Les femmes prennent petit à petit la place qui leur revient dans les jeux vidéo

Les femmes prennent petit à petit la place qui leur revient dans les jeux vidéo
Les femmes prennent petit à petit la place qui leur revient dans les jeux vidéo - © Tous droits réservés

FIFA 2016, NBA Live 18, et maintenant, NBA 2K20 : de plus en plus de jeux sportifs permettent (enfin) de pouvoir jouer avec des équipes professionnelles féminines. Ils suivent une tendance de plus en plus marquée dans l’industrie vidéoludique : celui d’enfin donner sa place à la moitié de l’humanité.

Le mâle puissant en perte de vitesse

Le monde des jeux vidéo a été longtemps dominé par le mâle fort, puissant, qui dégomme tout sur son passage. On retrouve encore beaucoup de jeux qui suivent cette logique facile, mais autour d’eux orbitent des jeux qui ont décidé de s’éloigner du chemin de la facilité, et ainsi nous offrir une interprétation bien plus fidèle, et riche, de la réalité de nos sociétés.

Avec Metroid, sorti en 1987, souvenons-nous d’un des premiers jeux qui mettait en valeur une héroïne… Sans que le joueur ne le sache. Recouverte d’une armure, le genre de la chasseuse de prime n’était révélé au joueur qu’en toute fin de jeu. Nintendo plaçait alors les premiers pavés d’une voie du jeu vidéo où l’héroïne qui n’était pas hypersexualisée, et que rien dans le gameplay ne pouvait différencier d’un homme.

L’industrie aura mis le temps à suivre cette voie, Tomb Raider devant même attendre un opus sorti en 2013 sur PS3 (sobrement intitulé Tomb Raider) pour que Lara Croft ressemble enfin à une femme aux mensurations normales (cependant, elle gardera cette capacité à encaisser des coups en tout genre en s’en sortant avec quelques égratignures). La psychologie, et le passé de l’héroïne seront également abordés plus en profondeur, à côté d’un gameplay complètement remodelé, et joyeusement addictif.

Avec trois Assassin’s Creed où le joueur a la possibilité de jouer un personnage féminin (Liberation, Syndicate et Odyssey), Ubisoft est aussi sorti de sa frilosité autour des femmes héroïnes. Il avait pourtant sorti, en 2003, "Beyond Good and Evil", du créateur de Rayman Michel Ancel, qui mettait en scène Jade, fière aventurière au look décontracté, au côté de son ami cochon Pey’j, dans un monde très poétique et onirique.

Pas de superpouvoirs ou capacités incroyables

Toujours du côté des blockbusters, une héroïne très particulière aura fait fondre le cœur de nombreux joueurs : Ellie, 14 ans, née dans un monde apocalyptique, aux côtés de Joël, cinquantenaire barbu et bourru, dans le jeu de Naughty Dog "The Last of Us", sorti en 2013. Nos héros n’auront pas de résistances ou pouvoirs particuliers : ici tout est survie, réflexe, et parfois, cruauté d’un monde défiguré par une épidémie. Ce qui n’empêche pas les développeurs d’avoir créé une des plus belles relations du monde des jeux vidéo, l’intérêt du jeu se situant dans l’évolution du lien qui existe entre Joel et Ellie. Cette dernière prendra d’ailleurs les devants de la scène dans la suite ("The Last of Us, part II"), dont la sortie n’est pas encore annoncée mais ne devrait plus trop tarder.

Naughty Dog offrira aussi à ses fans un spin-off de sa série Uncharted (The Lost Legacy) avec une histoire centrée sur deux femmes au caractère bien trempé, à la recherche d’un artefact perdu au milieu d’une nature sauvage et de ruines anciennes (on ne change pas une recette qui gagne).

Plus récemment, le très apprécié Horizon Zero Dawn nous offrait la possibilité d’incarner Aloy, dans un monde postapocalyptique où l’humain est revenu à une culture et une société plus primitive, autour des restes d’une civilisation apparemment dominée par les machines. Ici, de nouveau, l’héroïne n’est pas spécialement sexy, ne porte pas absurdement des tenues inadaptées au combat. Non, Aloy est une femme normale, au charme certain, mais aux traits marqués par sa situation de chasseuse et guerrière.

Et beaucoup de poésie

Mais c’est du côté des plus petits studios que l’on trouve des pépites féminines. Dans "Life is Strange", ce n’est pas une mais deux magnifiques héroïnes que nous offre le studio français Dontnod. Maxine et Chloé sont deux adolescentes, à divers degrés de "rebellitude", qui se retrouveront après une longue séparation dans des conditions plutôt surnaturelles. Le jeu a été amplement salué par la critique et le public, pour son gameplay narratif et contemplatif, mettant l’émotion au centre de l’œuvre.

Le chef-d’œuvre Céleste est une perle de jeu de plateforme, mettant une scène une petite nana en proie à ses peurs et angoisses, qui doit escalader une montagne afin de combattre ses démons. Portal, où l’on incarne une jeune femme, et résoudre des puzzles brillant pour s’évader d’un lieu dirigé par une intelligence artificielle maléfique (mais qui a un grand sens de l’humour). Faith escalade les toits et façades dans l’univers scintillant et autoritaire de Mirror’s Edge. Avec "In the Valley of Gods", Campo Santo, déjà créateur du magnifique Firewatch, nous promet l’arrivée d’une héroïne noire.

Et qu’il est bon de voir tout cet œstrogène sur nos écrans.