Le système des récompenses payantes dans plusieurs jeux vidéo ne met pas tout le monde d'accord

La dernière portion du jeu "Middle-earth: Shadow of War" est optionnelle. Cette fin a amplifié l'usage des microtransactions.
La dernière portion du jeu "Middle-earth: Shadow of War" est optionnelle. Cette fin a amplifié l'usage des microtransactions. - © Monolith Prod. / Warner Bros. Interactive Ent.

Alors que "Star Wars Battlefront II" et "Middle-earth: Shadow of War" encouragent les joueurs à payer des suppléments pour avancer dans le jeu, la présence de loot boxes dans les jeux payants est très critiquée.

Nombreuses dans les jeux gratuits sur mobile, ainsi que dans l'univers du MMO et du MOBA, les loot boxes permettent aux joueurs de s'offrir des récompenses attribuées au hasard.

Le contenu de ces coffres mystère peut être purement cosmétique ou avoir un effet direct sur la progression du jeu. On peut par exemple être amené à pouvoir jouer plus fréquemment ou obtenir des attributs supplémentaires (permanents ou temporaires) pour son personnage.

Ce qu'il faut retenir, c'est que cette récompense aléatoire est payante.

En payant, les joueurs contribuent à enrichir considérablement développeur et éditeur. En se pliant au système de la récompense imprévisible, ils se soumettent au hasard, ce qui peut inciter à de futures dépenses.

Les joueurs sont habitués aux microtransactions proposées dans les jeux gratuits. Mais les sagas phares (et bel et bien payantes) des grands éditeurs se lancent dans la bataille.

Des jeux de renom comme "Middle-earth: Shadow of War" et "Star Wars Battlefront II" comportent un système de Loot Box, tout comme le jeu de basketball "NBA 2K18" et le jeu de course "Forza Motorsport 7".

Electronic Arts, qui édite "Battlefront II", a dû rassurer ceux qui s'inquiétaient de voir "les joueurs [...] souhaitant obtenir plus rapidement leurs récompenses placés au coeur du business model". La fin du jeu "Shadow of War" de Warner Bros, pourtant très bien accueilli par ailleurs, permet d'observer un contraste flagrant entre le résultat d'heures de missions méticuleusement accomplies et ce qui résulte des paiements optionnels permettant de bondir jusqu'à une conclusion satisfaisante de l'histoire.

Pour le moment, l'organisation nord-américaine de régulation du jeu vidéo, l'Entertainment Software Ratings Board (ESRB), ne considère pas le système de loot box comme équivalent à un jeu d'argent et de hasard, même si certains joueurs ressentent des effets psychologiques similaires.

"Ce système comporte certes une part de hasard, mais le joueur est toujours certain de recevoir son dû (même si parfois, il reçoit une chose dont il n'a pas besoin", répond l'organisme à Kotaku et à IGN.

L'organisation établit une comparaison avec les jeux de cartes à collectionner, en rappelant qu'elle établit une distinction entre les "jeux de hasard" simulés (sans argent) et les jeux de hasard réels, qui sont automatiquement réservés aux adultes (et qui s'appuient sur de l'argent réel).

L'ESRB est un organisme d'auto-régulation constitué des grands éditeurs de jeux vidéo traditionnels. Il est donc peu surprenant que ceux-ci se montrent réticents à qualifier les sorties les plus attendues de l'année de jeux réservés aux adultes.