Le secteur du jeu vidéo français en plein renouveau

Le secteur du jeu vidéo français en plein renouveau
Le secteur du jeu vidéo français en plein renouveau - © Pekic - Getty Images

Longtemps à la traîne derrière le dynamisme du Canada, le secteur du jeu vidéo français connaît un renouveau avec une floraison d'acteurs et l'ouverture à Bordeaux d'un nouveau studio par Ubisoft, le géant français du secteur.

L'éditeur français, qui a ouvert son premier studio à Paris en 1992, suivi de deux autres à Montpellier et Annecy, inaugure jeudi à Bordeaux son premier studio en France depuis 21 ans, après avoir beaucoup investi au Canada et en Europe.

C'est "un symbole fort", emblématique de la santé retrouvée du secteur, observe Romain Poirot-Lellig, maître de conférence à l'IEP de Paris.

Selon le baromètre du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) et du centre de réflexion Idate à paraître en novembre, 88% des entreprises disent avoir confiance dans l'avenir du secteur, alors qu'elles n'étaient que 45% de cet avis en 2014. Conséquence, elles prévoient de créer 1.300 emplois au total cette année en France, contre 750 l'an dernier.

"On est sur une excellente dynamique, le secteur se structure autour de grands groupes et de beaucoup d'indépendants", souligne à l'AFP Laurent Michaud, analyste du secteur pour l'Idate.

"Le jeu vidéo fonctionne très bien auprès des consommateurs, ce n'est plus seulement un loisir pour les jeunes garçons prépubères, il s'adresse à une population bien plus large", remarque-t-il.

Le crédit d'impôt élargi à plus de jeux en 2015, et dont le taux a été relevé cette année de 20% à 30% a aussi permis à la France de redevenir compétitive.

Alors que l'industrie connaît une course mondiale aux talents, les recrues des écoles spécialisées comme l'Enjmin d'Angoulême, ou des écoles d'ingénieurs, fournissent, de plus, un vivier précieux pour les studios et les éditeurs français.

Red Accent, un studio établi à San Francisco et Shanghai, qui sort en octobre une adaptation du "Petit Prince" en réalité virtuelle, va ainsi remettre un pied en France avec la création d'une équipe de recherche l'an prochain.

"D'un point de vue économique c'est tentant de revenir en France, les salaires ne sont pas très élevés et les talents sont très forts", relève auprès de l'AFP Greg Gobbi, l'un des cofondateurs.