Une intelligence artificielle arrive à décrypter les émotions dans les tableaux de maître

Vous pensiez que les intelligences artificielles n’arrivaient pas à ressentir d’émotions ? Faux ! Des chercheurs ont mis au point une intelligence artificielle capable de reconnaître les différentes émotions humaines dans les œuvres d’art…

Si les intelligences artificielles étaient déjà capables de voir le monde qui les entoure en reconnaissant des objets, des paysages, des animaux, des activités, elles sont à présent capables de décrypter de vraies émotions dans des tableaux de maître. C’est le cas de l’intelligence artificielle nommée ArtEmis, qui sait identifier une émotion et argumenter par écrit ce qu’elle "ressent" quand elle observe un tableau.

"La Joconde" de Leonard Vinci est-elle triste ? "La jeune fille à la perle" de Vermeer est-elle surprise ? Demandez à ArtEmis ce qu’elle en pense... Mais comment une intelligence artificielle arrive-t-elle à décrypter des émotions humaines ? Comme toujours, l’intelligence artificielle se base sur toute une série de données enregistrées par les chercheurs. En l’occurrence, ArtEmis se base ici sur 440.000 réponses écrites de plus de 6500 humains qui ont indiqué très clairement comment ils se sentent face à 81.000 peintures issues de WikiArt. Les personnes qui ont participé à cette enquête ont également dû motiver par écrit le "pourquoi" ils ressentent cette émotion bien précise devant ce tableau en particulier. Le tout a permis de créer un algorithme permettant à l'intelligence artificielle de reconnaître des émotions précises.

Huit catégories d'émotions

L’algorithme créé est capable de classer les émotions "ressenties" en 8 catégories : de la stupéfaction à l’amusement, de la peur à la tristesse. Dans un court texte, ArtEmis explique ensuite pourquoi elle a fait ce choix d’émotion. Les chercheurs qui ont mis au point cette intelligence prennent aussi en compte le caractère subjectif du ressenti de chacun, explique Panos Achlioptas, doctorant en informatique à l’université de Stanford, travaillant sur le projet ArtEmis: "Tout le monde ne voit pas et ne ressent pas la même chose en voyant une œuvre d’art. Je peux me sentir heureux en voyant la Joconde, mais le professeur Guibas pourrait se sentir triste. ArtEmis peut distinguer ces différences" peut-on lire dans Clubic.

Le résultat est parfois surprenant, voire prête à sourire. Prenons l’exemple du célèbre tableau de Rembrandt "La décapitation de Jean-Baptiste". L’intelligence artificielle ArtEmis détecte du "contentement" sur le visage de Salomé, la femme qui tient la tête fraîchement coupée en mains et elle distingue de la "douleur" sur le visage coupé du Saint. Pour "La jeune fille à la perle" de Vermeer, l’intelligence artificielle a opté pour un sentiment de "contentement", détaillant que "la jeune fille a des yeux très expressifs et qu’elle est bien habillée." L’intelligence artificielle se sent par ailleurs "en admiration" devant "La nuit étoilée" de Van Gogh, expliquant que "les couleurs blanches et bleues du tableau lui donnent l’impression d’être dans un rêve." Pour découvrir d’autres analyses faites par ArtEmis, nous vous invitons à prendre connaissance du document faisant part de ces différentes analyses.

Les chercheurs qui ont conçu ArtEmis estiment que ce nouveau type d’intelligence artificielle pourrait être précieux pour accompagner le travail des artistes. Ceux-ci, via l’intelligence artificielle, pourraient permettre d’évaluer la manière dont le public perçoit leurs œuvres et pourraient donc ainsi vérifier si l’impact de leurs œuvres est bien celui escompté.