Un étudiant reçoit un prix pour sa police d'écriture inclusive

Un étudiant invente une police d’écriture inclusive
Un étudiant invente une police d’écriture inclusive - © Tous droits réservés

Tristan Bartolini est un jeune étudiant talentueux. Il a mis au point une typographie épicène, c’est-à-dire inclusive.

En français, depuis quelques années, la règle grammaticale du "masculin l’emporte toujours sur le féminin lorsqu’il y a des hommes et des femmes dans un même groupe" est remise en question. L’écriture inclusive souhaite revisiter cette règle orthographique afin que le féminin soit à présent à égalité avec le masculin.

C’est désormais chose possible grâce à l’inventivité d’une jeune étudiant Genevois. Tristan Bartolini a mis au point, pour son projet de diplôme, une police d’écriture capable de signifier graphiquement l’inclusivité. Cette nouvelle typographie est un mélange entre les terminaisons masculines et féminines. Visuellement, le "e" et le "a" de "le et de "la" s’enlacent pour ne former qu’un.

L’idée m’est tombée du ciel. Il y avait beaucoup de débats autour de l’écriture épicène. Elle devenait de plus en plus fréquente dans les documents administratifs, les publicités. Je me suis dit que ce n’était pas qu’une affaire de linguistes, que l’on pouvait amener des solutions graphiques.

Au total, l’étudiant a inventé plus de 40 nouveaux caractères non genrés. Une typographie qui facilite réellement l’écriture inclusive puisqu’elle évite l’utilisation de "." et de "-" pour signifier l’inclusivité d’un texte.

Le travail de ce jeune étudiant a déjà été récompensé par le Prix Art Humanité 2020 de la Croix Rouge. Une belle récompense ! Notons tout de même que Tristan Bartolini n'est pas le premier à avoir inventé des caractères typographiques inclusifs et non binaires. "Certains caractères sont, par exemple, hébergés sur la fonderie Velvetyne, au sein des polices VG5000 de Justin Bihan, ou Cirrus Cumulus de Clara Sambot" explique Bye Bye Binary, une collective franco-belge qui travaille notamment sur la création typographique variable.

Le guide de l'écriture inclusive

En attendant la création de ce clavier magique, rien ne vous empêche de déjà pratiquer l'écriture inclusive.

Dans un article précédant, nous vous donnions quelques conseils, publiés par la Direction de la Langue française de la Fédération Wallonie-Bruxelles et mis au point par les linguistes Anne Dister (Université Saint-Louis – Bruxelles) et Marie-Louise Moreau (Université de Mons).

 

5 conseils à retenir:

  • Toujours utiliser des noms féminins pour renvoyer à une ou à des femmes
  • Ne pas essayer à tout prix d’éviter les noms masculins
  • Ne pas écrire ce qui pourrait être dit normalement à l’oral
  • Ne pas recourir aux doublets abrégés : éviter par exemple "rédacteurs·trices"
  • Si vous enseignez le français, changez la formulation de la règle "Le masculin l’emporte sur le féminin". Dites plutôt "Le genre masculin s’utilise aussi pour les ensembles mixtes".

Pour aller plus loin:

  • Anne Dister et Marie-Louise Moreau. (2020). Inclure sans exclure. Les bonnes pratiques de rédaction inclusive. Bruxelles : Direction de la Langue française – Service général des Lettres et du Livre – Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • À télécharger en PDF sur www.languefrancaise.cfwb.be ou commander un exemplaire gratuit par courriel auprès de languefrancaise@cfwb.be.