"Tale of men" le compte Instagram qui rend hommage aux hommes LGBTQ et à leur histoire

"Tale of men" le compte instagram qui rend hommage aux hommes LGBTQ et à leur histoire
"Tale of men" le compte instagram qui rend hommage aux hommes LGBTQ et à leur histoire - © Tous droits réservés

" Tale of men ", c’est un compte Instagram dédié aux hommes LBTGQ. On y retrouve de très belles photos sensuelles qui contrastent avec les témoignages intenses et parfois durs que l’on peut lire sous les photos.

Derrière ce compte Instagram se cache le photographe et professeur de chinois, Chris Chi. Avec " Tale of men ", Chris souhaite partager les témoignages, parfois intenses, d’homosexuels : " Même si on vit en Europe, vous seriez surpris par les mauvaises expériences que ces hommes ont rencontrées. Le gaybashing existe toujours. Ici aussi. Outre la violence physique, je connais quelques personnes qui souffrent vraiment de solitude. Je savais que beaucoup allaient se reconnaître dans ce compte. Savoir que vous n'êtes pas le seul à ressentir ça, c’est toujours apaisant " explique le photographe dans une interview donnée à Vice.

Rien qu’en 2018, Chris Chi a photographié 150 hommes. Ses modèles, il les trouve principalement via Instagram. Au début, c’était surtout Chris qui les contactait pour leur parler de son projet et leur proposer de poser. Aujourd’hui, c’est plutôt dans le sens inverse que cela se passe, ce sont les hommes qui entrent en contact avec lui pour poser pour son projet de narration visuelle.

" Tale of men " c’est aussi un site internet sur lequel vous pourrez retrouver l'intégralité des photos et des histoires récoltées par Chris Chi, ainsi que quatre magazines dans lesquels le photographe rassemble ses plus beaux clichés accompagnés d’histoires. Vous pourrez y lire des témoignages de bonheur, de chagrin, d’amour d’espoir, le tout accompagné de photos très poétiques et sensuelles. Un peu d'amour dans ce monde de brutes.

Découvrez ci-dessous une sélection d'histoires d’hommes touchants que l’on peut retrouver sur le compte Instagram de " Tale of men ".

Francesco d’Italie, photographié à Barcelone

Francesco a décidé de se livrer sur sa première fois. Quand il a su qu'un homme était attiré par lui, Francesco a d'abord paniqué.

" À Rome, lors de ma première année à l'université, j'ai découvert qu'un homme de 35 ans m'aimait bien. À l'époque, j'avais à peine plus de vingt ans et j'étais encore vierge. Il n'y avait pas de smartphones ou d'applications de rencontres. Tout pouvait arriver, c'était par hasard ou par la providence divine. Lorsqu'il m'a dit cela, j'ai eu une crise de panique parce que je ne voulais pas admettre ma nature. J'ai commencé à me gifler sur les joues en me répétant hystériquement: "Je ne suis pas un pédé, je ne suis pas un pédé". Un an après cet épisode, j'ai perdu ma virginité avec lui. J'étais inexpérimenté et il voulait que je le baise. Je ne savais pas ce que cela signifiait d'être actif ou passif. Quelques années plus tard, à Madrid, au cours de mon année Erasmus, j'ai réalisé que j'aimais être passif. "

Francesco d'Italie

Patrick Du Cameroun, photographié à Bruxelles

A travers le témoignage de Patrick, on découvre la difficulté d'être homosexuel dans un pays comme la Cameroun. 

" Au Cameroun en tant qu'homme gay, vous pouvez choisir de le cacher et de vivre une vie arrangée par d'autres personnes ou d'accepter qui vous êtes et de vivre votre propre vie. J'ai choisi la deuxième option et c'était difficile. Les agressions, les blessures et les mauvais traitements étaient réguliers. Et en plus de cela, j'ai découvert que j'avais le VIH + en 2008. La perception des gens au Cameroun sur l'homosexualité est brutale en raison de l'importance de l'Eglise Catholique et de la politique qui aime se focaliser sur l'homosexualité alors que le pays a de plus grands problèmes que cela. Et beaucoup de médias présentent constamment des gays comme des déviants et des obscènes. "

Patrick du Cameroun

Kenneth de Malines

Kenneth se confie sur les intimidations et harcèlements dont il a souffert étant adolescent, entre autre à cause de son orientation sexuelle.

" Enfant, j'étais très timide et j'ai souvent été victime d'intimidation à la maternelle, puis à l'école primaire. J'étais souvent malade pendant cette période à cause de la sensibilité de mes voies respiratoires, donc je n'étais physiquement pas le plus fort. Je n’étais donc pas du tout bon en éducation physique et j’étais toujours le dernier choisi, si une équipe devait être formée pour le football. Un traumatisme qui, à ce jour, m'a donné une aversion pour le sport, probablement un phénomène reconnaissable pour de nombreux homosexuels. Au collège, l'intimidation a continuée. Pas constamment et pas par tout le monde, heureusement, j'avais de bons amis et amies avec qui je me sentais vraiment bien. Pourtant, j'ai régulièrement été insulté de "gay" ou "pédé". La plupart du temps, je ne réagissais pas, j'essayais par nature d'éviter les conflits. À cette époque, je n'étais pas du tout occupé par mon orientation sexuelle. J'étais un retardataire. Bien que parfois la pensée me traversait l'esprit, de savoir si je préférais les hommes ou les femmes, mais je la repoussai inconsciemment. "

Kenneth de Malines