Aurélien Ernst photographie les manifestations de Bruxelles depuis 4 ans

Le photographe Aurélien Ernst photographie les manifestations bruxelloises de l’intérieur. Le but de son travail est de dévoiler la tension et l’instabilité qu’il peut y avoir dans une manifestation, malgré les risques que cela comporte.

Aurélien Ernst est un jeune photographe de 28 ans. Il est luxembourgeois mais est basé à Bruxelles. Lorsqu’il n’est pas occupé à photographier les Favelas d’Amérique du Sud, Aurélien Ernst se rend aux manifestations qui rythment la capitale européenne pour en prendre le pouls. Le photographe dispose d’un sacré terrain de jeu puisque la capitale européenne est souvent le cœur de manifestations. Rien qu’en 2018, plus de 1000 manifestations ont été recensées à Bruxelles.

Sur ces quatre dernières années, Aurélien Ernst a photographié de l’intérieur une dizaine de manifestations différentes. Certaines avaient des revendications politiques, d’autres sociales. Le but de son projet photo est de montrer une manifestation de l’intérieur, ce qu’on a pas l’occasion de voir à la télévision. 

En choisissant de les photographier de l’intérieur, Aurélien Ernst s’expose à la violence des policiers et des manifestants. "Tout le monde déteste voir un photographe lors de ce genre de manifestation, surtout si vous choisissez de rester neutre. D’une part, vous devez faire attention au pepper-spray ainsi qu’aux brutalités policières et, d’autre part, vous devez surveiller les manifestants. Ils peuvent parfois réagir de manière agressive" confie le photographe à Vice. Et il n’y a pas que les manifestants qui peuvent se montrer agressifs. Il y a quatre ans, lors de la manifestation des agriculteurs, Aurélien Ernst a subi des violences policières. Pris entre les manifestants et les forces de l’ordre le photographe s’est fait matraquer alors qu’il était clairement identifié comme photographe et donc "neutre". Ce risque, Aurélien Ernst l’accepte. Avec le temps, il s’est habitué à photographier des situations dangereuses. Il préfère d’ailleurs photographier les manifestations agressives et actives plutôt que les marches passives.

Ses projets à la fois en Amérique Latine et au cœur de Bruxelles ont permis au photographe de réaliser à quel point le droit de manifester est important : "En Amérique du Sud, tout est plus sensible : les manifestants n’ont pas la possibilité d’être agressifs, sinon, ils se font vraiment tirer dessus. Nous nous en sortons bien ici ; alors manifestons le plus possible et utilisons ce moyen pour montrer notre désaccord. Le fait de protester comme ça, fait partie de la démocratie." confie-t-il à Vice.

Pour suivre le travail de ce jeune photographe, n’hésitez pas à vous rendre sur son site internet ou à vous abonner à son compte Instagram.