En France, un artiste souhaite démonter sa propre œuvre d'art, fatigué du manque de subsides

En France, un artiste souhaite démonter sa propre oeuvre d'art, fatigué du manque de subsides
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En France, un artiste souhaite démonter sa propre oeuvre d'art, fatigué du manque de subsides - © Tous droits réservés

Dans le petit village de Leffrinckoucke, en Hauts-de-France, près de Dunkerque on ne parle plus que de ça : l’artiste Anonyme a décidé de démonter son œuvre "Blockhaus-Miroir".

En 2014, un artiste anonyme s’est emparé du blockhaus miroir, vestige de la Seconde Guerre Mondiale, pour le recouvrir de milliers de bouts de miroirs cassés. Depuis, cette œuvre d’art est devenue célèbre, un lieu de recueillement et d’émerveillement. Installé sur les dunes d’une plage historique, le "Blockhaus-Miroir" est devenu une véritable curiosité touristique de la région. Les touristes et voyageurs du monde entier viennent s’y recueillir et immortaliser l’instant par une photo ou une vidéo.

Cette semaine, l’artiste Anonyme a annoncé qu’il allait démonter son œuvre, retirer un par un les morceaux de miroirs cassés qu’il avait lui-même installés sur le blockhaus quelques années plus tôt. En effet, depuis 2014, l’artiste entretient cette œuvre seul et sans moyens. Payant lui-même tous les frais de colle et de miroir afin que son œuvre puisse traverser le temps et les intempéries. En tout, Anonyme a passé pas moins de 4000 heures à construire et restaurer son œuvre. En posant ce geste fort d’autodestruction de son œuvre, l’artiste Anonyme dénonce les collectivités locales qui, pendant des années, ont bénéficié de la notoriété de l’œuvre sans jamais s’investir financièrement pour la préserver.

Cette décision de l’artiste a ému les habitants de Leffrinckoucke. Une pétition a été lancée afin de conserver le "Blockhaus-Miroir" et s’opposer à sa déconstruction : "Inconditionnels de l’œuvre, nous sommes nombreux à nous émouvoir de sa disparition prochaine même si le caractère éphémère de l’œuvre s’était d’emblée imposé. Alors sans connaître la portée de cette annonce, nous appelons tous ceux qui le peuvent, individus, collectivités et entreprises, à contribuer à sauver cette œuvre en réunissant les moyens nécessaires à sa protection."

"Réfléchir"

L’artiste avait donné comme nom à ce projet "Réfléchir". Un nom à double sens explique-t-il sur sa page Facebook.

"Réfléchir d’un point de vue esthétique, les miroirs reflètent à l’infini la lumière si particulière de cette région du nord de la France. Réfléchir, l’idée d’en faire un phare pour les marins, point de repère cartographique appelé amer. Et bien plus encore, puisque l’immense tâche de lumière que forment les miroirs se voit de la mer mais aussi du ciel et de la terre.

Grâce à sa nouvelle peau de miroir, cette architecture lourde, massive, presque immobile est devenue une surface mouvante qui, à chaque instant, change d’apparence en reflétant le ciel et le paysage.

Par ce nouveau camouflage, le bunker se révèle ou s’efface, selon l’angle de vue du spectateur et la position du soleil. Il devient une trace, une empreinte à peine perceptible en reflétant le monde ou, au contraire, lorsqu’il capte et renvoie le feu qui aveugle, un nouvel amer, un phare délivrant un signal d’alarme."