"Bible La", et si la Bible avait été écrite dans l'ordre alphabétique ?

Joseph Ernst et Jan Van Bruggen, deux artistes du collectif Sideline, ont imaginé une nouvelle version de la Bible… qui se lit dans l’ordre alphabétique.

"Bible The" que l’on peut traduire par "Bible La", est le nom de cette nouvelle version originale de La Bible. Ce travail a été rendu possible grâce à l’utilisation d’un logiciel sur mesure qui a permis de réorganiser l’ensemble des textes bibliques par ordre alphabétique, en commençant donc par la lettre "a" pour finir par la lettre "z".

Cette nouvelle version de La Bible se veut donc quantifiable et analytique, plutôt que littéraire. "Bible La" permet en effet de calculer le nombre exact de certains termes importants. Grâce à cette quantification, une analyse plus en profondeur du champ lexical biblique est rendue possible.

"Un livre peut tout changer. Cela peut nous émouvoir, nous faire ressentir, nous apprendre des choses que nous n’avons jamais su, nous ouvrir les yeux et nous aider à voir le monde sous un angle complètement différent. Un livre peut changer le cours de l’histoire et façonner toute une civilisation. Un livre peut nous changer profondément" expliquent Joseph Ernst et Jan Van Bruggen dans la présentation de leur travail. Ils ajoutent qu’un livre peut aussi être considéré comme étant un algorithme littéraire.

Un livre n’est qu’une collection de mots placés dans un ordre séquentiel spécifique. Un algorithme littéraire complexe conçu par son auteur.

Les artistes du collectif Sideline semblent convaincus par leur première quantification de texte. Ils souhaitent réitérer l’expérience avec d’autres ouvrages : "uniquement des livres fondateurs, qui ont eu un impact matériel sur l’humanité" explique le collectif.

Un lexique essentiellement positif

Parmi les observations que les artistes ont pu faire grâce à cette nouvelle version de La Bible, il y a notamment la quantification du terme "Bon". Il est écrit 720 fois dans La Bible contre 18 termes "mauvais" seulement. Le mot "amour" quant à lui, est utilisé 308 fois contre 87 fois pour le mot "haine". "Vie" est présent à 451 reprises contre 371 pour "mort". Et l’analyse continue encore et encore. Combien de fois le mot "ange" apparaît ? 99 fois contre 55 pour "démons". Il y a 302 "bénis" contre 3 "damnés" et 94 "anges" pour 55 "démons".

La sexualité peu présente

Les artistes continuent leur analyse en s’intéressant au thème de la sexualité. Sur 1364 pages de Bible, les mots "sexe" et "rapport sexuel" ne sont pas écrits une seule fois (sans grande surprise).

Il y a par contre 17 "concubines", 9 "adultères", 8 "prostituées", 4 "sodomites", 3 instances de "copulation", 3 instances de "conception ", 2 "putes" et 1 "prostituée".

La Bible d’un point de vue économique

Sur le plan socio-économique, la quantification de la Bible a pu déterminer qu’il y a deux fois plus de "donneurs" que de "preneurs". Un total de 93 "pauvres" et 81 "riches", 77 "dirigeants" et 237 "prophètes", "30 nobles" et 480 "serviteurs", 400 "prêtres", 30 "soldats", 17 "publicains", 27 "ouvriers", 5 "avocats", 9 "charpentiers", 1 "pêcheur", 6 "lépreux", 3 "mendiants" et 1 "esclave ".

D’autres analyses de quantification des termes liés à la diversité ou au genre sont également expliquées sur le site de Sideline, si vous souhaitez approfondir le sujet.