Aimer l’ASMR, une question de personnalité… et de nationalité

Certains les adorent, d’autres les ont en horreur. Si les vidéos ASMR fleurissent sur Internet depuis une décennie, elles ne suscitent pas la même réaction sensorielle chez ceux qui les regardent. Une nouvelle étude de Deezer se penche sur ce phénomène qui fait picoter le cerveau.

Le service de streaming musical s’est associé à l’institut Censuswide pour interroger 12.000 personnes provenant de France, du Brésil, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, des États-Unis et du Mexique sur leur perception de l’ASMR. Il s’avère qu’elle diffère énormément en fonction des différentes nationalités. Près d’un tiers des Brésiliens estiment que l’ASMR est une expérience "agréable", tandis que 20% des Mexicains la jugent "intrigante". Les Allemands sont, eux, plus circonspects vis-à-vis de cette tendance, que certains d’entre eux (19%) trouvent "étrange". Même son de cloche chez les Britanniques : l’ASMR est franchement "irritante" pour 20% d’entre eux.

Les avis sur le contenu ASMR divergent autant parce qu’il suscite des réactions physiques et émotionnelles radicalement opposées en fonction des gens. Selon l’étude de Deezer, 20% des répondants se disent calmes et détendus lorsqu’ils en écoutent. Si plus d’un tiers des personnes interrogées affirment ne ressentir rien de particulier en regardant une vidéo de chuchotement ou de tapotement de doigts, ils sont 9% à avoir des frissons et de la chair de poule.

Toutefois, l''ASMR ne crée pas toujours des sensations agréables chez les auditeurs : elle suscite de la gêne, de l’ennui voire de l’irritation chez certains. Cela explique pourquoi une petite partie des personnes interrogées disent "détester" ce genre de contenu, voire le "détester fortement".

Entre la technique de relaxation et le divertissement

Pour Dr Craig Richard, fondateur d’ASMRUniversity, les opinions polarisantes que provoque l’ASMR sont loin d’être surprenantes. "Les déclencheurs et les réponses ASMR sont similaires à ceux de l’ocytocine, qu’on appelle souvent hormone de l’amour. Ces différences peuvent s’expliquer par la génétique, qui influence les réponses à l’ocytocine. D’autres facteurs, comme l’âge, peuvent avoir un impact et il est également possible qu’une réponse positive à l’ASMR puisse s’estomper avec l’âge. Aussi, les tranches d’âge les plus jeunes sont plus susceptibles d’avoir été introduites positivement aux contenus ASMR", explique-t-il.

L’ASMR, une question d’âge ? Ça pourrait bien être le cas. Selon l’étude, seule la génération Z écoute des vidéos d'"ASMRtists" pour se divertir. Les Français les regardent surtout pour se détendre (33%), être moins stressés (30%) ou mieux dormir (30%). Pour les y aider, Deezer a demandé à Alicia Keys, James Blunt, Tom Jones, Ava Max et YUNGBLUD de réenregistrer certains de leurs plus grands tubes "version ASMR". D’autres artistes suivront prochainement leur exemple, et permettront aux amateurs d’ASM de se détendre autrement qu’en regardant les vidéos de mastication qui ont fait le succès à la fin des années 2000.