"I Follow : internautes arabes et libertés sur le net"

“I Follow : internautes arabes et libertés sur le net"
“I Follow : internautes arabes et libertés sur le net" - © Arte

Censure ou liberté, quelle utilisation est faite d’Internet par les jeunes hommes et femmes du monde arabe aujourd'hui ? 

 

Tilo Jung, blogueur berlinois, est parti à la rencontre d’internautes de la péninsule arabique, de la vallée du Nil ou du Croissant fertile pour les interroger sur leur rapport aux outils numériques et se demander si le web est compatible avec toutes les sociétés et ses préceptes. L’expression I Follow” peut être appliquée à deux mondes différents, il s’agit de suivre une religion ou bien de suivre un utilisateur sur les réseaux sociaux. C’est sur cette ambivalence qu’Arte joue dans sa nouvelle websérie qui interroge la jeunesse arabe 3.0. 

 

Depuis le Printemps arabe en Egypte, deux camps se distinguent chez les jeunes internautes : ceux qui dénoncent le durcissement politique et religieux de l’après-révolution (à l’époque les Frères Musulmans) et les plus traditionnels. Des militants égyptiens d’un genre nouveau émergent, ils sont YouTubeurs contestataires et représentent la voix jusqu’alors cachée d’une partie de la jeunesse. Le web a permis aux opposants au régime de s’exprimer et est devenu un outil démocratique.

 

En Syrie, depuis le début de la guerre civile meurtrière, l’utilisation des réseaux sociaux a explosé, comme une manière pour les citoyens de se tenir au courant par d’autres biais que les médias. Les jeunes Syriens (et les moins jeunes) préfèrent les informations de terrain aux nouvelles prémâchées du régime de Bachar el-Assad. Des citoyens journalistes ouvrent des chaînes YouTube pour tenir au courant la population des atrocités du gouvernement, beaucoup d’entre eux ont été retrouvés et torturés suite à des vidéos qui remettent en cause l’action du pouvoir. Une armée électronique a été mise en place par le régime pour essayer de détruire psychologiquement les internautes opposants. Internet est encore une fois un outil de protestation et de lutte en temps de guerre mais qui peut aussi se retourner contre ses utilisateurs.

 

En six courts épisodes, la nouvelle websérie d’Arte se penche sur des sujets sociétaux en rapport avec l’utilisation d’Internet par les jeunes Egyptiens, Syriens, Turques et Saoudiens. S’il n’y a pas de doute quand à l’émancipation que l’outil permet, il peut être aussi dangereux pour les citoyens d’un régime dictatorial en temps de guerre mais aussi pour les femmes ou ceux qui ne respectent pas des normes établies liées à la religion, au sexe etc. I follow” est une remise en perspective intéressante et peu abordée sur comment être un jeune internaute dans un pays où la censure est encore d’actualité.

 

“I Follow” est une websérie à regarder sur Arte.