Unik Ubik, Maximus Coloris

Unik Ubik
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Unik Ubik - © DR

En provenance de Tournai, une joyeuse troupe franco-belge vient de sortir sur le label carolo Rockerill Records son deuxième effort studio intitulé "Maximus Axis". Rencontre avec deux des cinq protagonistes de ce projet aussi éclectique que savamment coloré.

Avec quelques remaniements au niveau du line-up et le souci de professionnaliser le projet pour ce nouveau disque, Unik Ubik livre ici neuf morceaux, tous issus d’un travail collectif dans l’écriture et l’enregistrement. Tout s’est passé au studio gantois Yellow Tape, sous la houlette du, lui aussi, très haut en couleurs ingé-son Peter Vanderveire (qui a notamment enregistré avec The Glücks et Falling Man).

Des couleurs, cet album en est infesté et pas que sur la superbe pochette signée par l’artiste flamand Brecht Evens, un illustrateur bien connu en nos contrées et auteur de nombreuses " bandes dessinées " (dernière en date, Panthères, Actes Sud en 2014). Des couleurs, oui ! L’opus est en effet un florilège des influences des cinq membres, ce qui donne pour résultat une véritable lasagne colorée de couches de jazz (fusion et free), de krautrock, de pulsions punk, avec ci-et-là un saupoudrage de musique afro et même un côté un peu, voire franchement, Gong. On avait tendance à classer notre musique dans un registre balkanique ou festif style fanfare à la Kusturica parce qu’on a une section de cuivres.

Mais on ne se voyait pas du tout comme cela, décrit le guitariste Sébastien Delhaye. Ça avait même plutôt tendance à nous énerver.

Donc, on a décidé d’aller encore plus loin, avec cet album-ci, dans le côté Gong des années 60 et 70. Et c’est pour cela qu’on a choisi ce studio-là et cet arrangeur-là. Peter Vanderveire a une touche bien à lui et il sait mettre une vraie patate dans son son. Un enregistrement réalisé intégralement en analogique et revisité ensuite numériquement pour le mix par les doigts experts de Tommy Desmedt, un ingénieur du son bien connu dans le milieu, un picard lui aussi.

L’album s’ouvre sur Maximum Delirium, le morceau titulaire se veut le parfait ambassadeur du style maison : un roulement cyclique et progressif qui se termine bien souvent en un joyeux bordel appelant à la transe.

Idem avec Cab dont le final rappelle la vague punk anglaise des années 80 et Zenela sur lequel le foufou Matthieu Ha (accordéoniste et notamment compositeur du projet Van Twolips) vient s’époumoner avec fracas. On traverse un univers étrange, sombre et arabisant sur My Sisters on a Goat avant les élans psychédéliques de Panther et de Augurken In The Sea. Un final destroy empli de cuivres à la The National Anthem de Radiohead vient clore la plage Ludmium. On aime ce côté bordélique, témoigne Tomas Raznor (bassiste du groupe). On traîne beaucoup dans un lieu à Tournai qui s’appelle le Water Moulin, un endroit où plein de projets touchant au free jazz et à des musiques plus expérimentales se produisent.

On vient aussi, pour certains d’entre nous, d’une scène punk via nos anciens groupes ou via les projets parallèles sur lesquels on travaille, comme moi avec Spagguetta Orghasmmond.

Du coup, notre musique prend encore une autre dimension en live, avec un appel à la transe hyper communicatif. On est même parfois étonnés de la dimension que ça prend et de l’énergie envoyée en retour par le public.

Le titre Nénuphars, en français dans le texte, est un poème de Verlaine ici décliné et revisité en version rock. L’instrumental Petonk vient joliment refermer cet album racé, intelligent et volontairement anticonformiste !

article extrait du numéro 20 du magazine Larsen

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Edité par le Conseil de la Musique, il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

Le n° 20 de Larsen est en ligne