Tanaë, une voix et une vision

Tanaë
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Tanaë - © Juliette Reip

Sans brûler les étapes mais sans jamais s’égarer non plus, la chanteuse liégeoise à la voix soul venue d’ailleurs a imposé en deux ans un projet artistique qui ne demande qu’à s’exporter. 

 

Interview

Quels souvenirs gardez-vous de votre tout premier concert ?

C’était en 2017, au bar le Celtic, boulevard d’Avroy, à Liège. C’est la première fois que je voyais un micro de ma vie… Poussée par ma mère et mon entourage familial, j’avais posté quelques vidéos de "covers" sur les réseaux sociaux. Comme elles fonctionnaient bien, nous avons organisé un concert. Très honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que des gens se déplacent physiquement pour me voir en live dans un club avec un répertoire de reprises. C’est ce soir-là, que j’ai eu le déclic. Je me suis rendue compte que ça me plaisait d’être sur scène. Avant ce concert au Celtic, je n’avais jamais dit : Plus tard, je veux être chanteuse.

Paru en mai dernier, votre premier album "Talking To Myself" compte huit chansons. C’est plus qu’un EP mais en dessous de la norme pour un album.

Le but n’était pas de faire du remplissage. Après les premiers concerts et mon EP Introspection, j’ai pris confiance et la vision de mon projet artistique s’est peu à peu affinée. Je n’avais pas envie d’une pop légère, poétique et douce car ça ne me ressemble pas du tout. Pour mon premier album, je souhaitais imposer un côté R&B plus dark et plus mystérieux, avec des chansons personnelles, des sonorités variées, des incursions dans la soul ou le blues. Avec mon manager, producteur et compositeur Manu Freson, nous avions huit morceaux bien travaillés qui réunissaient ces critères sans pour autant se ressembler. Ce sont ceux qui figurent sur "Talking To Myself".

Vous avez été contactée par The Voice Belgium pour participer aux présélections de l’émission. Pourquoi avoir refusé ?

Je n’ai rien contre ces émissions qui ont le mérite d’offrir une belle visibilité aux artistes débutants. Mais j’avais envie de créer mon projet sans me laisser influencer et sans devoir coller à un certain moule. Je préférais suivre un parcours plus classique sans brûler les étapes plutôt que d’être exposée au grand public sans avoir fait mes preuves. Je ne suis qu’au début de mon parcours. Mais au moins, je sais que si les gens y adhèrent, c’est à moi, à mes chansons et à mes concerts que je le dois.

Vous suivez vos statistiques sur Spotify et sur les réseaux sociaux ?

Mon manager est plus au courant que moi. Pour moi, le concret, ça reste les concerts. Aux Ardentes, en juillet dernier, j’étais programmée dans une toute grosse affiche urbaine. Quand tu vois le public, qui a pourtant l’embarras du choix, se déplacer vers la scène où tu joues, ça fait chaud au cœur. Les réseaux sociaux, c’est important, mais avoir des gens qui chantent et dansent devant toi, c’est encore mieux. Quant à Spotify, c’est génial car l’outil permet de savoir où ça bouge et nous pouvons réagir de manière plus ciblée. Mes chansons tournent pas mal en Turquie, j’ai été signée sur un label en Corée du Sud. Au Mexique, c’est le programmateur de la troisième plus importante radio qui, après avoir craqué sur une de mes vidéos, me diffuse en prime. C’est inespéré.

plus d'infos sur la page Facebook de Tanaë

Prochain concert annoncé, dans la soirée "La Ferme, les Femmes !" à la Ferme du Biéreau le 22 novembre 2019.

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Édité par le Conseil de la Musique , il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

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