La pop psyché farfelue de Robbing Millions sort en album

En 2013, quand ils sont montés sur la scène des Ardentes, les cinq Bruxellois n’avaient encore que peu d’expérience du live. Et peu d’expérience de groupe aussi, d’ailleurs. "Ça a démarré vite, et puis, ça a… stagné", s’amuse aujourd’hui Lucien Fraipont, le guitariste et chanteur. Plus sérieusement : après trois ans, deux EP’s et un paquet de concerts, voilà enfin le premier album…

Vous êtes arrivés en 2013 avec "Ages & Sun", l’EP suivant, "Lonely Carnivore", est sorti en 2014 : l’album vous aura finalement pris pas mal de temps !

Lucien Fraipont : C’est juste parce qu’il est difficile de mettre en place un équilibre de groupe. Les membres ont pas mal changé, et puis il a fallu trouver une vraie manière d’avancer, de travailler, ce qui n’est pas simple quand ça tourne autour de tes compos et qu’il faut tous essayer de se mettre dessus. Je pense que pour les prochains albums, on aura déjà une méthode plus rodée.

Vous avez travaillé comment jusqu’ici ?

L.F. : Le premier EP, c’était moi seul. Ensuite, Jakob (Warmenbol, batterie - ndlr) et Gaspard (Ryelandt, guitare - ndlr) sont venus à la maison enregistrer des trucs. Pour le deuxième, on est allé dans un studio, mais on était limité par le budget et donc, le temps. Ici, j’ai écrit des morceaux chez moi, on a enregistré dans un studio avec Daniel (Bleikolm- ndlr), notre claviériste qui faisait un peu ingé-son. Une fois qu’on a eu une grosse base de live pour chaque morceau, j’ai repris les trucs et continué à bosser chez moi pendant un bon moment. Il y avait un choix à faire parce qu’on avait enregistré 16 titres. Et chacun revenait avec ses commentaires. Du coup, ça a duré, cette période de chipotage à la maison avant le mix.

C’est la constante chez vous, ce "do it yourself" ?

L.F. : Oui, je pense qu’on va garder ça dans la recette.

Gaspard Ryelandt : Tout en se modernisant. Enfin, toi tu évolues vachement, je pense !

L.F. : Je fais toujours des maquettes des morceaux chez moi. Quand j’ai commencé Robbing Millions, c’était la première fois que je travaillais comme ça, et du coup, j’ai acquis des réflexes qui font que je vais plus vite. L’album sort, mais je suis déjà le nez dans celui qui va suivre. Et je me pose un peu la question de savoir comment on va faire sur le prochain.

Vous "produisez" tellement au point d’être déjà dans le prochain album ?

L.F. : Quand on a fini de mixer cet album, on a aussi fait une pause avec les concerts, et je me suis retrouvé avec pas mal de temps devant moi. Pour ma santé mentale, il faut que je me sente productif. J’ai tendance à me dire qu’une bonne journée, c’est une journée où j’ai au moins enregistré un petit bout de quelque chose. Donc le temps passe et les morceaux s’accumulent. J’ai aussi toujours des réactions. Par rapport à cet album qui va sortir. Je l’aime beaucoup mais il y a dessus des trucs par rapport auxquels j’ai aussi envie de prendre un contre-pied…

Sur cet album, votre "pop psyché un peu barrée" est toujours bien là, mais le son a changé… Les gens qui vous connaissent des deux EP’s et des concerts vont être surpris ? Ou rassurés ?

G.R. : Je pense qu’on a plus une image définie en live qu’en enregistrement. Les gens ne savent pas encore de quoi on est fait véritablement, et jusqu’où on peut aller en enregistrement. Là, on a franchi une nouvelle étape.

L.F. : Je pense qu’on est dans une continuité qui est assez logique pour nous. Après, je ne sais pas, on va voir. (..)

La suite de l'entretien avec Lucien Fraipont et Gaspard Ryelandt dans le n° 19 de Larsen, en ligne ici

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Robbing Millions, Robbing Millions © PIAS

Robbing Millions en concert

le 27/10 au festival Beautés Soniques à Namur

le 31/10 à l'Ancienne Belgique à Bruxelles

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