Génération Beatmaking

Louis Shungu
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Louis Shungu - © DR

Depuis quelque temps, le format vinyle marque un retour en forme. Une seconde jeunesse qui pousse des intrépides à relancer une profession que certains annonçaient en voie d’extinction : disquaire.

Une petite semaine avant l’inauguration de Dust Dealers, enseigne bruxelloise spécialisée dans le microsillon jazz, soul ou funk, le propriétaire nous ouvre la porte de sa boutique. Ce magasin découle de ma passion pour le beatmaking, indique Julien Delannoy, silhouette longiligne qui, sur scène, module des sons sous le nom d’Oldy Clap. C’est à force d’accumuler des vinyles – et par manque de place pour les ranger – que j’ai décidé de lancer ce commerce. D’une certaine façon, je vends une partie de ma collection. 

Originaire du Sud de la France, Julien Delannoy met le cap sur la Belgique en 2010 afin de finaliser des études à l’ULB. Depuis, sa fibre nationale a sensiblement viré noir-jaune-rouge. Il est ici chez lui. Quand je vivais en France, je n’écoutais que du rap. Je me passionnais surtout pour les instrus. Je voulais explorer ces sonorités, comprendre leurs secrets de fabrication. Un jour, dans le salon familial, papa et maman Delannoy glissent un vieil album de Billie Holliday sur la platine. Là, c’est le choc. Je reconnais immédiatement une boucle utilisée dans Qui peut le nier, un morceau d’Oxmo Puccino. À partir de là, je me suis mis à bouffer du jazz du matin au soir. Le hip hop m’a donc poussé à voyager vers d’autres styles musicaux. Aujourd’hui, je travaille exclusivement à partir des samples tirés de ma collection de vinyles. C’est une matière première qui oscille entre la soul et le jazz. J’adore isoler un son et le malaxer au point de le rendre méconnaissable. Une fois que j’ai trouvé une boucle originale, je me débrouille pour jouer tous les arrangements moi-même. Batterie, guitare, piano et saxophone. C’est du bricolage. Ma démarche reste assez artisanale. 

Dès le processus créatif, chaque beatmaker cherche à se différencier de la concurrence. Moi, par exemple, j’utilise un logiciel dans lequel je glisse tous les sons possibles et imaginables, explique Fabien Leclercq. Souvent planqué à l’ombre d’une casquette stylée, ce dernier brille depuis un moment sous l’enseigne lumineuse de Le Motel, pseudo choisi sur le bord de la route pour héberger des sons venus de loin. Pour me défaire des kits de percussions traditionnellement disponibles en téléchargement sur internet, j’ai aussi commencé à me promener avec un enregistreur dans des lieux insolites. Parfois, je passe deux heures dans une cuisine pour taper sur des casseroles ou agiter des couverts et autres ustensiles. Ça me permet d’agencer ma propre banque sonore et de la glisser dans l’ordinateur.(..)

La suite du dossier sur la Génération Beat Making dans le n° 19 du magazine Larsen

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Edité par le Conseil de la Musique, il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

Le n° 19 de Larsen est en ligne