Angèle en conquérante aux Victoires de la musique

La numéro 1 des ventes en France en 2019, portée par l'hymne féministe "Balance ton quoi", est nommée dans trois catégories aux 35e Victoires de la musique
La numéro 1 des ventes en France en 2019, portée par l'hymne féministe "Balance ton quoi", est nommée dans trois catégories aux 35e Victoires de la musique - © XAVIER LEOTY / AFP

Soirée de sacre pour Angèle ? Numéro 1 des ventes en France en 2019, portée par l’hymne féministe "Balance ton quoi", la chanteuse belge continue sur sa lancée et est nommée dans trois catégories aux 35es Victoires de la musique, dont la cérémonie aura lieu ce vendredi soir. En ce qui concerne les voix masculines, Philippe Katerine et Alain Souchon totalisent également trois nominations chacun.

Mais la Belge de 24 ans est déjà la grande gagnante, quoiqu’il arrive vendredi à partir de 21h05 – cérémonie à La Seine Musicale à Boulogne-Billancourt, en direct sur France 2 et France Inter. Ses collègues belges n’en reviennent pas, tel le rappeur Glints qui s’exclame : "Angèle, reine de France !". Elle est donc sur les rangs pour les titres d'"artiste féminine", du "concert" et de la "création audiovisuelle", pour le clip de "Balance ton quoi", dans lequel joue l’acteur Pierre Niney.

Issue d’une famille d’artistes – en tant que sœur du rappeur Roméo Elvis, fille du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot – elle a damé le pion en 2019 à Johnny Hallyday en tête des ventes de disques en France, selon le classement du Snep, Syndicat national de l’édition phonographique. En additionnant les ventes physiques – CD, vinyles – téléchargements et écoutes sur plateformes, son album "Brol" a atteint les 532 111 ventes l’année écoulée. Tout est allé si vite. Le 23 octobre 2019, Angèle a fêté les deux ans de la sortie de son premier morceau, "La loi de Murphy". Depuis, comment décrire ce qui lui est arrivé ? "Tsunami, cascade… je vote tourbillon, ce n’est pas que négatif, ça sous-entend que ça peut être très chouette", avait-elle répondu en novembre.

PNL, Jeanne Added et Clara Luciani

Pour le clip, elle fait face au duo rap français PNL, dont la vidéo "Au DD", tournée sur la Tour Eiffel, a eu un écho international. Pour le live, elle a une belle concurrente avec la française Jeanne Added, dont la tournée en solo "Both sides", bluffante, propose un dispositif original avec le public en miroir de part et d’autre de la scène. Angèle devance d’une nomination la chanteuse française Clara Luciani ("La Grenade"), qui vit aussi une belle histoire après le décollage tardif de son premier album et qui est citée dans les catégories "artiste féminine" et "chanson originale" (avec le titre "Nue").

Chez les hommes, il faudra donc départager Philippe Katerine, hurluberlu de la chanson française, et Alain Souchon, l’éternel dandy rêveur, qui sont tous deux candidats pour les catégories "artiste masculin", "album" (respectivement pour "Confessions" et "Ames fifties") et "chanson originale" ("Stone avec toi", pour le premier, "Presque" composé avec l’acteur Edouard Baer pour le second). Ils sont talonnés par Lomepal nommé dans les catégories "artiste masculin" et "album" ("Jeanine").

Une refonte controversée des catégories

Dans la catégorie "révélation scène" émerge Suzane, l’artiste la plus programmée de l’été 2019 en festival en France (32 dates). Et dans la section "album révélation", Pomme ("Les failles") fait figure de favorite face à Malik Djoudi ("Tempéraments"). L’édition précédente avait vu le triomphe de Jeanne Added et Bigflo & Oli, qui avaient remporté deux trophées chacun ("artiste féminine" et "album rock" pour la première et "artistes masculins" et "album de musiques urbaines" pour les deux frères).

Grande nouveauté cette année, les catégories récompensées sont passées de 13 à 8. Ont ainsi disparu les étiquettes des genres – rock, électro, musiques du monde, musiques urbaines et rap, la catégorie "album de chansons" devenant "album" tout court – pour une meilleure lisibilité, selon les organisateurs. Mais cette refonte suscite des remous. "C’est dommage, c’est un monde qui se referme au lieu de s’ouvrir, c’est un peu désolant. L’ouverture c’était le moyen d’être moins franco-français", regrette Martin Meissonnier, DJ, producteur historique des musiques du monde. Manu Dibango a même dénoncé un manque de "couleurs" dans Le Monde. "C’est vrai que ça manque un peu de diversité, il va falloir y travailler", admet Romain Vivien, président des Victoires de la musique.