AaRON, retour en pleine lumière

AaRon sort un nouvel album, "Anatomy of light"
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AaRon sort un nouvel album, "Anatomy of light" - © DR

Un clip qui claque avec Jean-Claude Van Damme et des textes en français: le duo parisien AaRON revient avec un album-phare, "Anatomy of light", à l'électro enveloppante et percutante.

"Ultrarêve", vidéo avec un JCVD goguenard lâchée fin août, fait son petit effet (près d'un million de vues sur Youtube). Le Belge, figure des films d'action des années 1990, y joue gentiment avec son image, chantonnant le mantra de ce titre efficace, "N'aies pas peur/Ya pas d'erreur".

La genèse vaut le détour. Tout commence lors d'un festival de Deauville où sont présents les deux membres d'AaRON. "C'est une vraie hallucination d'entendre au téléphone : bonjour, c'est Jean-Claude, qui nous dit qu'il veut travailler avec nous pour un film, raconte Simon, moitié du groupe, à l'AFP. Il y a souvent des 'relous' qui ont notre numéro, mais rapidement j'ai compris que c'était lui. J'ai trouvé ça génial, une approche très directe, posée, anti-business".

Plus tard, AaRON le recontacte en se disant "ce serait tellement fou d'avoir ce véhicule là - j'utilise ce terme volontairement - car pour 'Ultrarêve' il fallait une arme de liberté et il a tout de suite dit oui", prolonge Simon.

Le groupe n'en est pas à son premier coup d'éclat: en 2015, on voyait et on entendait l'acteur John Malkovich en prélude d'une belle vidéo en noir et blanc pour le titre "Blouson noir".

"S'autoriser l'accident"

Si AaRON attire autant, c'est que le duo - qui chantait jusqu'ici majoritairement en anglais - a une belle audience internationale. NME, fleuron de la presse musicale britannique, a d'ailleurs salué la vidéo d'"Ultrarêve" et la "souplesse des mouvements de danse" de l'acteur de "Bloodsport". Le NME était également fan de "l'étrangeté" des images de "Blouson noir".

Van Damme colle à l'idée même du lâcher-prise, thème qui traverse "Anatomy of light" (qui sort ce vendredi chez Caroline).

"Oui, c'est un des grands sujets, confirme à l'AFP Olivier, l'autre tête pensante. Parfois, c'est compliqué de s'accepter, d'oser danser dans une salle vide, de pousser les frontières qu'on se met". Il fait ici référence à un autre morceau -et clip- lancé en éclaireur, "The flame".

On y voit le binôme danser dans une boîte de nuit déserte - Le Palace, à Paris. Simon, blouson façon Ryan Gosling dans "Drive" et Olivier, chemise à motifs baroques, finissent dans un haka comme les All Blacks pour éloigner "le mauvais œil et faire fuir les démons, pour lancer l'album" sourit le premier.

"Le lâcher-prise, c'est plus largement notre point de rencontre avec Olivier, le fait d'y aller, de s'autoriser l'accident", développe-t-il.

"Plonger dans un lac"

"Il y a ce besoin de remettre les compteurs à zéro", rebondit Olivier. "Anatomy of light" est leur album le plus organique. "Oui, gratter la surface, ramener le monde intérieur le plus proche de la peau", décrit Simon. "Le côté très direct est venu du français, c'est frontal", complète Olivier.

C'est une des belles surprises de ce quatrième opus: AaRON ne s'interdit donc plus de chanter en français - jusqu'ici on ne trouvait que "Le tunnel d'or" dans leur discographie - aux côtés de titres toujours en anglais.

Olivier qui notait bien dans les carnets de Simon "quelques textes en français pas utilisés, très beaux, c'était dommage" est ravi d'avoir relevé le "défi": "que ce soit homogène avec nos chansons en anglais, pas deux choses séparées".

Pour le reste, AaRON continue de construire ses morceaux en songeant à des paysages. Ici, c'est comme "plonger dans un lac et aller sécher sur la pierre en pleine lumière" comme le peint Simon.