Les 23 concerts des 26es "Djangofolllies" auront lieu du 14 au 31 janvier

La vedette de ce festival sera sans doute le chanteur et guitariste américain Dan Charibian (cliquer en haut à droite pour afficher les autres photos).
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La vedette de ce festival sera sans doute le chanteur et guitariste américain Dan Charibian (cliquer en haut à droite pour afficher les autres photos). - © Jean-Christophe Torres

La vingt-sixième édition des "Djangofolllies" aura lieu du 14 au 31 janvier prochains un peu partout en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre, avec une programmation riche et éclectique comprenant pas moins de 23 concerts, donnés en 20 lieux par huit groupes. Cette manifestation mettra en lumière des musiciens confirmés, mais aussi de jeune talents émergents qui rendront tous hommage au mythique guitariste de jazz Django Reinhardt.

Le festival débutera le 14 janvier à l'Ancienne Belgique avec les "Jazzy Strings", comprenant notamment Mario et Alexandre Cavaliere. Le même Alexandre Cavaliere, viendra ensuite présenter, cette fois avec son quintette, son dernier album de "gipsy jazz", parsemé de be-bop et de jazz moderne. Mais la vedette de ce festival sera sans doute le chanteur et guitariste américain Dan Charibian, qui fera vibrer le public grâce à ses ballades tziganes, russes et arméniennes. Il sera accompagné du guitariste Benoît Convent et de l'accordéoniste Antoine Girard.

Relevons également les concerts donnés par le guitariste Paulus Schäfer, flanqué du saxophoniste Jacco van Santen, par Fapy Lafertin, figure belge du jazz manouche, ainsi que par son "New Quartet", dans lequel il s'accompagne d'Alexandre Tripoli (violon), Renaud Dardenne (guitare) et Cédric Raymond, qui viendront présenter leur dernier album. Notons encore le "Modern Manouche Project" de Dario Napoli, qui a invité pour l'occasion le même Paulus Schäfer. Par ailleurs, l'excellent violoniste Tcha Limberger se produira en compagnie du "Kamao Quartet" londonien, tandis le jeune groupe "Tritane" (guitares, basse), composé de trois musiciens limbourgeois, sera lui aussi invité à exprimer sa passion pour le jazz manouche.

Le génie du jazz manouche

Django Reinhardt avait créé un genre nouveau, appelé "Hot Jazz Club" ou "Swing gitan". Il était un guitariste virtuose, avec une sensibilité acérée pour la mélodie, l'équilibre et la structure, fusionnant des éléments du jazz, de la musette et de la musique tzigane. Il avait perdu l'usage de deux doigts dans l'incendie de sa roulotte et avait, de ce fait, mis au point une technique de jeu d'une grande virtuosité qui le différenciera des autres.

"Le génie vagabond" est né le 23 janvier 1910 à Liberchies, une commune de l'entité de Pont-à-Celles, en province de Hainaut, et plus précisément dans une roulotte de sa famille manouche. Il animera d'abord les premiers bals musettes. Plus tard, il aura la révélation du jazz et rencontrera le violoniste de jazz Stéphane Grappelli, la création avec ce dernier du quintette du Hot Club de France en 1934, la fièvre des années 1930, les années de gloire et les dépenses pharaoniques, les déceptions américaines auprès de Duke Ellington et les difficiles retrouvailles de la scène européenne de l'après-guerre.

De retour en France, Barclay lui fera toutefois enregistrer huit titres qui auraient dû lui servir de carte de visite pour conquérir le marché et les amateurs de jazz américains. Ces titres marqueront les guitaristes du monde entier qui s'inspireront du jeu de Django prodigieusement en avance sur son temps. Le musicien manouche enregistrera son dernier disque le 8 avril 1953 avec Martial Solal au piano, notre "Sadi" national au vibraphone, Pierre Michelot à la contrebasse et Pierre Lemarchand à la batterie. Il décédera le 16 mai 1953 à l'âge de 43 ans des suites d'une hémorragie cérébrale dans sa paisible retraite de Samois-sur-Seine, non loin de Fontainebleau.