Le Folk Festival de Marsinne met à l'honneur les musiques et les danses traditionnelles

La 28e édition du plus vieux festival de musique traditionnelle de Wallonie aura lieu ce week-end, du vendredi 6 au dimanche 8 septembre.
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La 28e édition du plus vieux festival de musique traditionnelle de Wallonie aura lieu ce week-end, du vendredi 6 au dimanche 8 septembre. - © Marie Garcia Bardon

C'est un imposant château-ferme entouré de champs, qui borde le pittoresque village de Couthuin, non loin de Huy. On y brasse une bière connue, la Léopold 7. Dès l'arrivée, on est frappé par le grand nombre de voitures qui s'entassent tant bien que mal dans la prairie, débordant au bord des petites routes campagnardes, sur des centaines de mètres. Au loin, les sons de l'accordéon, du violon et de la cornemuse se mêlent à l'écho lourd des pas des danseurs. On aperçoit déjà les chapiteaux... C'est l'ambiance familiale, chaleureuse et bon enfant qui règne habituellement au Folk Festival de Marsinne. Ici, on ne vient pas seulement assister à des concerts : on y prend part. Que l'on soit homme ou femme, petit ou grand, d'ici ou d'ailleurs, il n'est pas nécessaire de se connaître pour se donner la main et danser sans fin gigues, mazurkas, valses, scottish, cercles circassiens et autres polkas.

Des musiques des quatre coins de l'Europe

La 28e édition du plus vieux festival de musique traditionnelle de Wallonie aura lieu ce week-end, du vendredi 6 au dimanche 8 septembre. On aura le plaisir d'y entendre des musiques des quatre coins de l'Europe : la Belgique, la France, l’Autriche, la Suède, l’Espagne (Catalogne) et les Balkans, au sens large, seront représentés. L'événement s'annonce déjà comme un succès, si l'on en croit la fiche d'inscription pour le podium libre situé dans la cour du château. "S’il y a encore des plages disponibles, on peut s’inscrire sur place, mais là, il est déjà rempli", s'étonne Aurélie Giet, membre du comité organisateur depuis de nombreuses années déjà. D'année en année, la fréquentation tend à augmenter et on observe de plus en plus de festivaliers en provenance de l'étranger. "On met un point d’honneur à bien accueillir les gens et les artistes, et je pense qu'il est reconnu comme un festival de qualité, tant au niveau de la programmation que de l’accueil", insiste Aurélie Giet. "On essaie de rester dans des prix démocratiques : on n’a pas bougé notre tarif depuis plusieurs années, mais on propose un tarif de soutien, pour ceux qui en ont les moyens et l’envie."

En plus de la scène de la grande salle du château, deux chapiteaux accueillent les groupes invités et les danseurs, pour améliorer l’enchaînement des bals et permettre l'organisation simultanée de plusieurs concerts. "C’est un festival familial, ancré dans un chouette lieu qui appartient au patrimoine. C’est un festival qui reste petit, que l’on souhaite garder à taille humaine", poursuit Aurélie Giet. Un petit théâtre de marionnettes propose régulièrement des pièces aux enfants. Un marché de luthier, à l'extérieur, favorise les rencontres informelles, tout en présentant une myriade d'instruments traditionnels de nos régions, parfois trop oubliés : accordéon diatonique, épinette, psaltérion... Des petits commerces bio proposent diverses restaurations et, au bar, la Léopold 7 coule à flots. Par ailleurs, le festival se veut respectueux de l'environnement. "L’accent est mis sur l’écologie : tri des déchets, gourdes réutilisables et eau distribuée gratuitement", se félicite Aurélie Giet.

Des initiations aux danses sont organisées

En ce qui concerne la programmation, la priorité est donnée aux musiques à danser. Les "bals folk" représentent les trois quarts du programme. Les groupes les plus attendus sont La Machine, Laüsa, Loened Fall et Toctoctoc. Pour ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de danser ou ceux qui veulent perfectionner leur technique, des initiations et des ateliers ont lieu en matinée ou avant les bals. Le quart restant est consacré à des concerts : on aura notamment l'occasion d'y entendre Aurélie Dorzée et Bernard Massuir, mais aussi les Federspiel (un ensemble de cuivres autrichien).

Cette année, les différentes scènes ont été renommées : "Avant, on disait juste 'chapiteau 1, 2, 3, etc.'. On les a renommées : Lejeune, Melchior, Schmitz et Charneux. L’idée est de personnaliser les scènes, tout en rendant hommage à des personnages importants pour le festival et pour le Patrimoine wallon", explique Aurélie Giet. Lejeune est un des fondateurs du festival décédé il y a peu, tandis que Melchior, Schmitz et Charneux sont trois musiciens wallons qui figuraient parmi les pionniers de la collecte du patrimoine musical, au début du revivalisme, la période de recrudescence des musiques traditionnelles. Elisabeth Melchior, accordéoniste de la région de Malmédy, a d'ailleurs également donné son nom à un tout nouveau projet de récolte, de numérisation de mise à disposition du patrimoine musical wallon, dans le but de prévenir sa disparition. Cette initiative de Julien et Marie-Hélène Maréchal, les bibliothécaires de l'IMEP à Namur, sera présentée au public du festival dans le cadre d'une conférence, samedi, de 13h à 14h30. 

Pour plus d'informations, consultez le site du Folk Festival de Marsinne.