Zazie sort de la pénombre à Forest National

Zazie
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Zazie - © copyright Mathieu Zazzo

Elle assume ses côtés noirs et ses humeurs changeantes, sur son très bel album "Cyclo" comme sur scène, dans un show sombre, puissant et inégal mais avec de vrais bons moments.

Les rendez-vous avec Zazie se suivent sans se ressembler. Il y a deux ans presque jour pour jour, nous la quittions dans l'intimité de l'Ancienne Belgique au milieu des cœurs en papier.. Nous la retrouvons ce vendredi dans la fournaise forestoise, qui n'affiche pas complet mais qui, très bien garnie tout de même, donnera vite de la voix !

 

Les sorties successives de ces 8 albums sont comme des marqueurs de notre vie qui avance, depuis l'enthousiasme adolescent sur "Zen" jusqu'à la maturité plus mélancolique de "Cyclo", Zazie aussi vieillit avec son public. Elle ne se dandine plus comme lors du légendaire "Tour des anges" de 1999 qui avait déjà montré son amour des sons électro et propose des textes de femme presque cinquantenaire pas toujours sereine.

 

Le côté obscure et la force.

 

L'attente frénétique de nos jeunes années a fait place, au fil des tournées (c'est notre sixième déjà!) à une vraie curiosité sur le choix des morceaux et l'inventivité des arrangements. L'option électronique du dernier album est assumée d'emblée et prend aux tripes dès l'ouverture sur le planant "Où allons-nous ?" puis "Les contraires". L'obscurité quasi totale en contre-pied audacieux aux habitudes marque ce début d'autant plus ambitieux qu'on n'avait plus entendu "Ça fait mal et ça fait rien" depuis des lustres. Un "Larsen" très puissant confirme notre enthousiasme, avant que le souffle ne retombe malheureusement.

 

Quelques extraits de "Zaz7e", projet bizarre de 7 mini albums dont elle-même avouera ne pas avoir compris toutes les subtilités, et des guitares trop peu discrètes viendront un peu gâcher notre plaisir. Le mix rock électro manque ici de subtilité alors qu'il fonctionne si bien sur le disque, où les guitares sont moins présentes. Les lumières sombres et l’absence d'écran n'aident pas à être captivés quand on est loin, surtout avec nos mauvais yeux. "Adam et Yves" nous électrise avec envie mais l'ambiance retombe aussi vite.

 

Zazie dans le rétro : humour et légèreté

 

Après une heure de show en demi-teinte vient alors le second souffle espéré. On retrouve une Zazie bavarde et taquine, qui ironise sur l'humeur déprimée de son album "Cyclo", œuvre à 4 mains construite avec Olivier Coursier (la moitié de AaRon l'accompagne d'ailleurs sur scène), qui fait pourtant partie de ces meilleurs disques. Elle se fait ensuite légère avec un medley en mode percussions brésiliennes entourée de son quintet d' "hommes-instruments" avant de proposer aux premiers rangs de compléter des histoires de princesses et de Maharadja, une première pour laquelle le public ne l'a pas vraiment aidée !

 

La dernière partie sera aussi la plus intense avec quelques classiques ("Rodéo", "Je suis un homme", "Rue de la Paix") et quelques morceaux plus rares ("Dolce vita", "Chanson d'ami" et "Ça" au piano en rappel ). Son dernier retour sur "J'envoie valser" nous replonge avec émotion à l'ère des boutons et finira de nous rappeler à quel point cette femme nous touche tant par ses chansons que par son aura naturelle. Des frissons qu'on vous dit.. !

 

François Colinet

 

En concert ce mardi 10 décembre au Zénith Arena de Lille

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