White Lies ou le magnifique passé recomposé

Big TV troisième album de White Lies
Big TV troisième album de White Lies - © Tous droits réservés

Groupe souvent bien trop sous-estimé, White Lies a conjugué à merveille modernité et influences eighties. Un saut dans le temps avec un effet boomerang futuriste. Verdict de leur double-prestation à L'AB.

 

Les Anglais font partie de ces groupes qui, sans faire énormément de bruit, ont déjà fourni trois albums de qualité et qui, l'air de rien, viennent de faire salle comble deux jours de suite à l'AB... Sans faire énormément de bruit, mais seulement de notre côté de la frontière linguistique. Car en Flandre, le groupe jouit d'une très grande réputation, passe en boucle en radio et brasse donc son lot de fans, comme vendredi et samedi dans la salle du Boulevard Anspach.

 

Ca commence sans round d'observation avec To lose my life, une des flèches du combo londonien. Dès l'entame, on reconnaît leur style très particulier avec la basse ultra-présente de Charles Cave, hipster barbu de son Etat, le son de batterie accrocheur de Jack-Lawrence Brown et la voix assurée de Harry Mc Veigh, même si tel un diesel, il mettra deux-trois chansons avant de totalement la chauffer. Celles-ci se nomment There goes our love again et a Place to hide. Ils jonglent ensuite entre leur nouvel album Big TV avec le titre Mother Tongue, et leur anciennes chansons dont leur préférée Street Lights avant la nôtre : Farewell to the fairground sublime titre avec la force d'un Sunday Bloody Sunday de U2 et la profondeur d'un Love like blood de Killing Joke.

 

On a l'impression d'une renaissance de Joy Division avec E.S.T. et on s'enchante à l'écoute de Goldmine, nouvelle pépite du dernier album. Le rythme effréné retombe et l'ambiance se tamise quelques instants pour la reprise de Prince I would die for you. Suivront First Time caller, dernier single en date et l'ultra-festif Death qui fait sauter toute la salle.

 

En rappel, Big TV et Bigger than us clôturent un set ultra-cohérent qui balaye leurs trois opus. C'est carré et par instants, ça semble même presque un peu trop sur des rails; impression confirmée au regard des setlists de leur tournée où nonante pourcents des chansons sont chaque jour jouées dans le même ordre... On se dit que ça doit être lassant, mais on a pas vraiment remarqué de signes de fatigue sur leurs visages. Ils ont même l'air plutôt heureux d'être en Belgique, pays où ils se sentent à la maison vu qu'ils y ont enregistré deux des trois albums.

 

On peut aussi grincer des dents par rapports à un éclairage par moments aveuglant, mais contrebalancé par de magnifiques lasers qui balayent avec bonheur la salle. Certes également, c'est très répétitif et mieux vaut avoir grandi dans les années 80 pour être imprégné et aimé leur musique, mais au final, quasi tout est imparable et ouvre des perspectives modernes en employant intelligement le précieux héritage venu des aînés. De la nostalgie futuriste en somme. On en redemande !

 

David Salomonowicz