Tournée d'adieu : Rince-Doigt s'en lave-t-il les mains ?

Rince-doigt
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Rince-doigt - © DR

Juste avant la sortie de son premier album, le groupe math-rock bruxellois démissionne de ses fonctions. Une fin précoce mais justifiée.

Vous ne connaissez pas encore les gars de Rince-Doigt ? Il n’est pas trop tard pour les découvrir, mais presque. Formé en 2013, ce trio instrumental a tout donné.
Sans calculer. Un comble pour une formation qui officie dans les contre-allées du math-rock, quelque part entre les algorithmes de Battle et la détermination de
Don Caballero. À l’heure où rien n’a vraiment commencé, tout s’arrête.

Dans notre esprit, Rince-Doigt est un groupe formé autour de trois personnalités, commente le guitariste Pablo Fleury. Si l’un des musiciens quitte le navire, c’est terminé. Ce n’est plus le même projet. Plutôt que d’impliquer d’autres personnes dans l’aventure, nous préférons mettre un point final à l’histoire. En filigrane de cette décision, il y a donc un départ. Martin Grégoire, notre batteur, multiplie les collaborations par ailleurs (Glass Museum, DC Salas, Ulysse - ndlr). Pour lui, ça
devenait vraiment compliqué...

Avant de disparaître, Rince-Doigt laisse une trace dans les mémoires : huit morceaux incandescents rassemblés sous une pochette colorée et bien toxique. Publié par l’entremise du label Luik Records (It It Anita, Monolithe Noir), l’album "Croisière Annulée" vogue aujourd’hui à contre-courant des tendances du marché. Alors que la plupart des groupes sortent des disques pour partir en tournée, Rince-Doigt presse un vinyle pour mieux se saborder.

Nous n’avons jamais travaillé dans une optique commerciale. Nous sortons cet album pour la beauté du geste. On va le jouer sur sept dates : une tournée d’adieu. De toute évidence, un disque baptisé Croisière Annulée n’appelle pas à un voyage de longue durée. C’est un titre prophétique. Nous l’avions trouvé avant d’entrer en studio, à une époque où il n’était pas encore question de se séparer. On aimait le non-sens associé à cette formule, son côté surréaliste. Au final, le choix s’avère plutôt judicieux. Ou comment se dire au revoir avec les honneurs et sans pleurnicher. 

article extrait du n° 25 de Larsen

En pratique

Ils seront ce soir 23 novembre au Rockerill rue de la providence 136, 6030 Marchienne-au-Pont, et le 25 novembre au BELVEDEREnamur Avenue Marie D'Artois, 1, 5000 Namur.

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Edité par le Conseil de la Musique, il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

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