Thomas Fersen: « En chanson, tout est affaire de désir... »

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C'est ce lundi 7 mars que sort Je suis au paradis , le huitième album de

C'est ce lundi 7 mars que sort Je suis au paradis , le huitième album de Thomas Fersen . 18 ans de carrière depuis « Le bal des oiseaux » et toujours le même talent pour donner vie à des personnages improbables. Toujours le même plaisir d'insuffler de la poésie dans les recoins de l'existence. Pour ce nouveau disque, l'ambiance est romanesque et inquiétante, de nouvelles cordes à son arc. Il est venu à Bruxelles « Pour parler de mon métier » et nous avons eu la chance de le rencontrer:



Le disque s'appelle « Je suis au paradis » et pourtant il s'ouvre sur deux chansons Dracula et La barbe bleue qui évoquent plutôt des personnages diaboliques...

Thomas Fersen Dans Dracula il est question de désir puisque j'évoque quelqu'un qui songe au conte qui est tout seul dans son château. Il a l'impression de l'entendre gratter à sa fenêtre. Il aurait presque envie qu'il vienne le voir. Il aime frissonner. C'est ça son paradis. Il aime cette inquiétude, un peu comme les enfants qui aiment avoir peur quand on leur raconte des histoires.

Cette impression est renforcée par les couleurs choisies pour la pochette: le rouge, le brun nous évoque plus l'enfer que le paradis...

Thomas Fersen Oui mais en même temps on est dans une civilisation qui aime le raffinement, la sophistication, la perversité parfois, et ce sont des couleurs qui conviennent pour l'atmosphère romantique de l'album. Regardez: les fauteuils de cet hôtel sont rouges, on n'est pas censé être en enfer pourtant!



Chacun de vos albums a une couleur musicale particulière. Celui-ci fait la part belle aux instruments à cordes. Comment vous est venu cette idée?

Thomas Fersen: Pour habiller ces chansons romanesques et romantiques, il est évident pour moi qu'il fallait des cordes et du piano. Une violoniste a d'ailleurs rejoint notre groupe en concert. Rien n'est prémédité. C'est venu d'un désir parce que tout est affaire de désir en chanson. Que ce soit quand on écrit, quand on compose et aussi quand on chante pour le public. J'avais du désir pour cet atmosphère là et je me suis glissé dedans. Quand on a du désir, on espère en susciter et que cela devienne contagieux auprès des gens.

Avec 8 albums au compteur et de nouvelles chansons à proposer, comment faites-vous pour choisir la liste des morceaux que vous aller jouer ?

Thomas Fersen: Pour cette tournée-ci, je me suis rendu compte que plusieurs de mes anciennes chansons rentraient dans l'ambiance générale. La chauve-souris peut évoquer un coté sombre et inquiétant tandis que Monsieur ou Croque sont finalement, par leur coté macabre, un peu cousins de certaines des nouvelles chansons. Chaque spectacle mets en avant des morceaux et fait volontairement l'impasse sur d'autres. Les gens en sont parfois frustrés. Je ne possède pas le public. Certains décident d'acheter le disque suivant et de revenir me voir, d'autres pas. C'est normal ça fait partie du jeu.



Les nouveaux modes de consommation musicale redistribuent les cartes pour les artistes et tout ceux qui vivent de la musique en leur offrant à la fois plus de possibilités d'être entendus mais moins de revenus pour leur travail sur disque. Cela vous inspire quoi?

Thomas Fersen: C'est effectivement très mouvant et plutôt inconfortable. Pour établir un cadre à son travail on devrait disposer de bases un peu plus fermes. C'est flou mais on fait avec La gratuité pose problème parce qu'elle handicape évidemment la production. J'ai dû changer ma façon de travailler pour garder la même autonomie. Pour ce nouveau disque, c'est la première fois que je suis mon propre producteur. J'ai simplement gardé un contrat avec mon label en leur confiant la distribution, la promo et le marketing.

Ma première préoccupation quand j'écris c'est la scène, les histoires que je vais raconter au public. Je me suis donc demandé si il était nécessaire de passer par la case « Sortie d'un disque ». Après réflexions, la réponse reste apparemment oui. Mais le disque n'est qu'un moment alors que la scène est un renouvellement permanent. On fait d'ailleurs très attention au prix des billets. On ne veux absolument pas se couper d'une partie du public qui a moins de moyens.

Entretien: François Colinet

En concert le 27 mai au Théâtre de Namur

et le 22 octobre à l'Ancienne Belgique




Thomas Fersen « Je suis au Paradis » (Tôt ou tard / Pias) Sortie lundi 7 mars

C'est ce lundi 7 mars que sort Je suis au paradis , le huitième album de Thomas Fersen . 18 ans de carrière depuis « Le bal des oiseaux » et toujours le même talent pour donner vie à des personnages improbables. Toujours le même plaisir d'insuffler de la poésie dans les recoins de l'existence. Pour ce nouveau disque, l'ambiance est romanesque et inquiétante, de nouvelles cordes à son arc. Il est venu à Bruxelles « Pour parler de mon métier » et nous avons eu la chance de le rencontrer:



Le disque s'appelle « Je suis au paradis » et pourtant il s'ouvre sur deux chansons Dracula et La barbe bleue qui évoquent plutôt des personnages diaboliques...

Thomas Fersen Dans Dracula il est question de désir puisque j'évoque quelqu'un qui songe au conte qui est tout seul dans son château. Il a l'impression de l'entendre gratter à sa fenêtre. Il aurait presque envie qu'il vienne le voir. Il aime frissonner. C'est ça son paradis. Il aime cette inquiétude, un peu comme les enfants qui aiment avoir peur quand on leur raconte des histoires.

Cette impression est renforcée par les couleurs choisies pour la pochette: le rouge, le brun nous évoque plus l'enfer que le paradis...

Thomas Fersen Oui mais en même temps on est dans une civilisation qui aime le raffinement, la sophistication, la perversité parfois, et ce sont des couleurs qui conviennent pour l'atmosphère romantique de l'album. Regardez: les fauteuils de cet hôtel sont rouges, on n'est pas censé être en enfer pourtant!



Chacun de vos albums a une couleur musicale particulière. Celui-ci fait la part belle aux instruments à cordes. Comment vous est venu cette idée?

Thomas Fersen: Pour habiller ces chansons romanesques et romantiques, il est évident pour moi qu'il fallait des cordes et du piano. Une violoniste a d'ailleurs rejoint notre groupe en concert. Rien n'est prémédité. C'est venu d'un désir parce que tout est affaire de désir en chanson. Que ce soit quand on écrit, quand on compose et aussi quand on chante pour le public. J'avais du désir pour cet atmosphère là et je me suis glissé dedans. Quand on a du désir, on espère en susciter et que cela devienne contagieux auprès des gens.

Avec 8 albums au compteur et de nouvelles chansons à proposer, comment faites-vous pour choisir la liste des morceaux que vous aller jouer ?

Thomas Fersen: Pour cette tournée-ci, je me suis rendu compte que plusieurs de mes anciennes chansons rentraient dans l'ambiance générale. La chauve-souris peut évoquer un coté sombre et inquiétant tandis que Monsieur ou Croque sont finalement, par leur coté macabre, un peu cousins de certaines des nouvelles chansons. Chaque spectacle mets en avant des morceaux et fait volontairement l'impasse sur d'autres. Les gens en sont parfois frustrés. Je ne possède pas le public. Certains décident d'acheter le disque suivant et de revenir me voir, d'autres pas. C'est normal ça fait partie du jeu.



Les nouveaux modes de consommation musicale redistribuent les