Thomas Dutronc au W:Halll: Django déchaîné!

Thomas Dutronc au W:Halll: Django déchainé!
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Thomas Dutronc au W:Halll: Django déchainé! - © Yann Orhan

A Woluwe Saint-Pierre ce jeudi, le chanteur français a pris prétexte d’une formule acoustique pour (s’)offrir une énorme friandise manouche: un vrai régal !

On est évidemment trop jeune pour avoir eu la chance d’applaudir Jacques Dutronc dans ses premières années, au cœur de l’insouciance des "yéyés". Cela aurait été chouette… Mais, en regardant le fiston de près (délicieux privilège des tournées en centres culturels), on imagine sans peine sa dégaine et ses attitudes, tellement la filiation est saisissante.

Autre temps, autres mœurs, la matrice musicale du fiston est, elle, à chercher du côté du jazz manouche et de l’immense Django Reinhardt. Il ne s’en est jamais caché, intitulant son premier disque "Comme un manouche sans guitare", sorti il y a bientôt 10 ans (déjà!).

Après une tournée "classique" qui était passée par le Cirque Royal pour présenter son troisième album "Eternels jusqu’à demain", ce second chapitre joue à fond la carte de la proximité et du répertoire en mode plaisir. Sans batterie, l’équipe fait le pari de "vraies" conditions acoustiques (amplifié dans la salle mais pas sur scène, les musiciens jouent donc sans retour) et se laissent aller à de réels prolongement jazzys. Guitares folles, contrebasse guillerette et violon tzigane absolument déchainé, ces cinq-là trouvent leur harmonie les yeux fermés. Et mouillent vraiment la chemise!

Django l’immortel

Certes, Thomas Dutronc est chanteur mais c’est clairement le guitariste qui a pensé cette tournée. Les instrumentaux sont à la fête. On se doute que tout cela est bien répété mais la soirée ressemble presque à une grande "jam", allant jusqu’à tirer au sort quelques morceaux de Django joués au hasard. Quelques secondes pour se mettre d’accord sur la bonne tonalité… et c’est parti, les cordes s’affolent!

Ajoutez-y un décor de vacances et un humour naturel qui fait mouche à chaque fois et vous obtenez une des soirées les plus délicieuses de l’année, malgré la grisaille extérieure.

Finalement, avec de tels virtuoses, visiblement potes depuis des lustres, ça n’a pas l’air bien compliqué de s’amuser avec les notes. Un son impeccable dans une salle confortable. Tous les ingrédients étaient réunis pour célébrer la gaieté des notes bleues sautillant d’une corde à l’autre.

En dernier rappel, il ressuscite même le grand Henri Salvador, pour lequel il avait écrit le soyeux "Mademoiselle" extrait de "Chambre avec vue", album qui avait, à l’époque, signé son grand retour dans un registre crooner irrésistible.  

Thomas Dutronc est donc revenu à ses fondamentaux et cela fait un bien fou!

 

François Colinet

Thomas Dutronc, "Eternels jusqu'à demain" (Universal)