The National et Local Natives font rugir le Cirque Royal!

The National
The National - © copyright : Deirdre O'Callaghan

Les New-Yorkais ont donné un concert à la fois intime et puissant en offrant une belle première partie à leurs potes de Local Native, ils seront à revoir à Werchter le 4 juillet (The National) et à l’Ancienne Belgique le 31 octobre (Local Natives) qu’on se le dise !

Ah l’envie ! Oui, cette pulsion irrépressible chantée par Johnny, il y a encore quelques jours sur les hauteurs de Namur, qui vous donne l’énergie de l’enthousiasme quel que soit votre état de fatigue. L’envie, c’est un truc fantastique, un carburant inépuisable qui décuple les sensations. Celle-là même qui animait les quelque 2000 chanceux détenteurs d’un billet pour un des concerts les plus attendus de l’année.

 

Local Natives ira loin !

 

Partis plus vite que l’éclair, ces précieux sésames donnaient en plus droit à une première partie formidable (ce qui n’est pas toujours le cas !) avec la prestation des Californiens de Local Natives. 40 minutes rondement menées par un groupe dont l’efficacité vous prend à la gorge avec une rythmique de toute beauté. C’est du rock, du vrai, mais avec ce petit côté exotique, syncopé qui rappelle parfois Vampire Weekend. La voix de Taylor Rice impressionne autant que ses gesticulations. Il ondule constamment, comme si les notes traversaient son corps de jeune rockeur. Et n’oublie pas de dédicacer un titre à ses potes belges de Balthazar.

 

Le lien avec le groupe star du soir semble évident. Aaron Dessner, le guitariste de The National, a d’ailleurs collaboré à leur nouveau disque "Hummingbird". Si les univers sont différents, on retrouve les mêmes guitares parfois saturées et le même soin apporté aux percussions qui procurent cette envie (on y revient !) de laisser libre cours à vos mouvements. Local Natives a confirmé tout le bien que les bruits de couloirs avaient soufflé à nos oreilles. Le groupe qui monte est à revoir d’urgence fin octobre à l’Ancienne Belgique. Ce qui vous laissera le temps d’apprivoiser en détail leur nouvel album !

 

Une belle suite pour "High Violet"

 

The National apparait d’abord sur écran depuis la loge, mise en place sympa pour faine monter la température. Matt Berninger et ses quatre acolytes respectent un dress code noir pour maximiser les effets visuels très léchés. Contrastes de couleurs, effet de pixellisation, gros plans, les yeux profitent autant du spectacle que les tympans, tout heureux de se retrouver dans une salle autrement plus cosy que le béton forestois dans lequel nous avions applaudi le groupe la dernière fois. Matt n’est toujours pas plus bavard ni corporellement expressif mais l’intensité du moment est palpable et il n'hésite pas à traverser la foule, juqu'aux loges!

 

La gloire est arrivée avec "High Violet", un sublime cinquième album dont sera rapidement extrait le brûlant Bloodbuzz Ohio, un de leurs titres phares, que la délicieuse Julia Stone a d’ailleurs repris et transformé sur son dernier disque. Les morceaux s’enchaînent avec une intensité constante, en privilégiant les deux derniers opus. Le dernier né Trouble will find me garde les meilleurs ingrédients des précédents et semble plaire aux fans en sueur. Mentions spéciales pour I need my girl, I sould live in salt et Graceless. Les riffs de guitare nous font plusieurs fois penser à R.E.M. période Monster. Pas étonnant  qu’ils aient assuré leurs premières parties il y a quelques années…

 

Des guitares cinglantes, des rythmes hypnotiques mais aussi des cuivres impeccables qui donnent à leur univers ce sel qui les différencie. Outre son timbre de voix, on craque pour la capacité de Matt  à passer des cris aux chuchotements, de l’explosion presque métaleuse à la plus pure épure folk comme le prouve la fin du rappel avec un furieux Terrible love (à mille lieues de la version de Birdy !)  suivi d’un Vanderlyle crybaby geeks quasiment a cappella, repris en chœur par un public conquis par deux heures d’un concert plein… d’envie !

 

François Colinet

"Demons" - la vidéo officielle