Talisco: "La musique n'est pas un processus intellectuel"

Talisco: "La musique n'est pas un processus intellectuel"
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Talisco: "La musique n'est pas un processus intellectuel" - © Yann Orhan

Fruit de son voyage californien, "Capitol Vision" frappe un grand coup! Pop chorale et vigoureuse, Jérôme Amandi réussit un deuxième album ambitieux et vivifiant. A découvrir le 22 avril à la ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve

L’homme est calme, posé, face à un petit café fumant, visiblement ravi de dévoiler quelques clés de son deuxième enfant artistique. Un album sous forme de condensé d’une expérience qu’il a vécue à plein poumons. L’ouverture sur "A Kiss from L.A." en donne d’emblée toute l’amplitude. "Le titre de l’album, 'Capitol Vision', imagine l’endroit le plus haut duquel tu pourrais contempler les événements de ta vie nous", confie-t-il entre deux gorgées. "C’est ce que j’ai voulu faire. Trois ans de ma vie et toutes les émotions traversées. La tournée qui a suivi la sortie du premier disque et son succès inattendu m’a conduit dans une course folle. Les dates se sont enchainées, les voyages aussi. Une expérience géniale, évidemment, pour présenter son travail et continuer à se construire comme artiste. Mais un rythme de dingue, qui ne permet pas vraiment de se poser. Ce voyage sur la côte Ouest m’a permis de prendre le temps, enfin. Le temps de la réflexion, puis de la création comme je la rêvais."

De chœurs et de corps

Un regard d’en haut, une vraie halte mais pas un ralentissement pour autant: "Je ne sais composer qu’avec un sentiment d’urgence. Dès que je bloque trop longtemps, je dois me changer les idées. Pour moi, la musique doit rester évidente, presque instinctive. Ce n’est pas un processus intellectuel".

On retrouve, en effet, sur ce disque, des rythmes et des voix très organiques, des battements incessants rappelant celui du cœur. "Oui, j’aime structurer mes morceaux par des 'claps' ou des rythmiques récurrentes. Et offrir en contre point des chœurs qui donnent du corps."

Le résultat est d’une impressionnante fluidité mais il cache un gros travail de recherche. "Je ne cherche pas les mélodies pendant des heures; par contre, je peux passer beaucoup de temps à bidouiller, triturer, malaxer les sons et les ambiances pour matérialiser ce que j’ai en tête. Cela peut prendre du temps."

Trois ans entre deux disques, le temps d’affirmer son identité et de l’affirmer jusque sur la pochette de son disque, magnifique dessin aux dominantes rouges signé Valentine Reinhaerdt. Un visuel aussi chaud que sa voix, parfois un peu trop masquée par les beats mais qui donne la chair de poule, comme sur l’envoûtant "Sitting with the braves". Un morceau à la fois planant et tranchant, à l’image d’un album vif et direct qui atteint instantanément sa cible: nos tripes et nos rêves d’évasion. Un grand disque donc!

 

François Colinet

En concert le 22 avril à La Ferme du Biéreau, Louvain-la-Neuve