Stones, Beatles, Stooges: les grands noms du rock font toujours recette

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Des Stones aux Stooges en passant par Hendrix, les maisons de disque exhument des valeurs sûres en temps de crise, en fouillant dans les archives des grands noms du rock pour dénicher des inédits et rééditer en version luxueuse les albums mythiques des années 60 et 70.

Universal frappe un grand coup lundi en publiant un version remastérisée du légendaire "Exile on Main Street" des Rolling Stones, agrémentée de dix titres inédits.

La réédition de cet album de 1972, considéré comme un des chefs d'oeuvre des Stones, bénéficiera d'un coup de projecteur supplémentaire, avec la projection, mercredi au Festival de Cannes, de "Stones in exile" un documentaire sur la gestation réputée très "rock'n'roll" du disque.

La sortie d'"Exile on Main Street" est le bouquet final de la réédition en version remastérisée des albums des Stones par Universal, qui a récupéré le catalogue du groupe anglais -- auparavant sous contrat chez EMI -- en 2008.

Universal n'est pas la seule maison de disque à miser sur la nostalgie des fans de l'âge d'or du rock.

En septembre 2009, EMI a publié l'ensemble des albums studio des Beatles en version remastérisée, une sortie attendue depuis des années par des fans déçus par la médiocre qualité des CD édités jusque-là. En quinze jours, ces disques se sont écoulés à 2,25 millions d'exemplaires.

Sony a "ressuscité" Jimi Hendrix, avec "Valleys of Neptune", un disque recelant deux inédits et trois versions embryonnaires de chansons parues sous d'autres intitulés. L'album, paru en mars, s'est vendu à 570.000 exemplaires dans le monde.

La major a également réédité le mythique "Raw Power" d'Iggy and the Stooges avec le mix originel de David Bowie, des morceaux et un concert de l'époque inédits. Et elle a dans ses cartons des projets autour de Miles Davis, The Clash, Elvis Presley...

En 2009, "pour la première fois depuis longtemps, les ventes de rééditions ont commencé à devenir intéressantes, portées par le décès de Michael Jackson, mais aussi par les rééditions des Beatles et de Kraftwerk", note Timothée Barrière, journaliste au Nouvel Observateur.

"Les maisons de disques ont bien compris l'intérêt de valoriser leur +back catalogue+. Elles ont des tonnes de disques formidables qui n'ont pas besoin d'être trop marketés, ni développés, puisqu'il s'agit d'artistes bien établis", ajoute-t-il.

En puisant dans leurs archives, les labels courtisent une clientèle très prisée en temps de crise: des +baby-boomers+ au fort pouvoir d'achat, attachés au format physique et moins enclins que les jeunes générations à se tourner vers le téléchargement illégal.

"Il y a un phénomène de rock +patrimonial+ qui suscite un engouement", souligne le journaliste. "Et les artistes sont assez flattés de voir qu'un album qui avait été moyennement accueilli à sa sortie crée un vrai événement", à l'image d'Iggy and The Stooges, qui ont entamé une tournée mondiale pour la réédition de "Raw Power".

Car les labels soignent ces sorties. Remastérisation minutieuse, packaging léché, recherche de bonus et de "vrais" inédits... la critique a souvent salué la qualité du travail effectué pour ces rééditions.

"Nous avons des collaborateurs, en particulier aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, qui +fouillent+ les archives audio et vidéo tels des archéologues des studios. C'est un travail passionnant qui requiert souvent une proche collaboration avec les artistes eux-mêmes et/ou leur management", souligne Christophe Langris du label Sony Legacy.

AFP Relaxnews