Stephane Ginsburgh, "The Bad-Tempered Electronic Keyboard / Anthony Burgess"

Stephane Ginsburgh
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Stephane Ginsburgh - © Marie-Clémence David

Grand explorateur de partitions classiques et d’autres qui le sont moins, le pianiste belge Stephane Ginsburgh propose en création mondiale l’enregistrement de 24 Préludes et fugues pour le moins étonnants. Si le titre facétieux, The Bad-Tempered Electronic Keyboard renvoie évidemment au clavier "bien tempéré", lui, de l’illustre Bach, ces pièces-ci furent conçues en 1985 par l’un des tout grands... écrivains du XXe siècle, Anthony Burgess. L’auteur d’Orange mécanique était en effet – ou se voulait en tout cas – avant tout compositeur. On lui doit d’ailleurs plus de 250 pièces musicales, souligne Ginsburgh. En fait, je cherchais du répertoire pour synthétiseur et je me suis mis à écouter la musique de Wendy Carlos, qui a fait la bande son d’Orange mécanique. C’est ainsi que je suis tombé par hasard sur ce titre étrange.

Bilan ? Une heure et demie de musique polyphonique (pour piano !), conçue par un esprit autodidacte. Anthony Burgess ne fréquenta jamais le conservatoire. Il fait pourtant preuve d’un savoir-faire certain, confirme Ginsburgh. Ce n’est pas une musique avant-gardiste. Elle est relativement classique, avec des références à la musique tonale et post-tonale. On y sent l’influence de Chostakovitch, Bartók et Prokofiev, mais l’on y trouve aussi des accents de musique de films et de variétés. C’est très étrange, mais très audible, avec quelques bizarreries qui relèvent d’un style propre. Et puis, cela permet de mieux saisir l’univers... de l’écrivain Burgess.

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