Spotify perd toujours de l'argent avec son expansion effrénée

Créé par des Suédois en 2008, le pionnier du secteur n'a toujours pas connu d'année de bénéfice, et a indiqué mardi que cela restait le cas en 2013.

Selon les comptes annuels de Spotify Technology publiés au Luxembourg, la perte nette a été de 57,8 millions d'euros en 2013. C'est un tiers de moins que les 86,7 millions d'euros (chiffre revu à la hausse après des modifications comptables non spécifiées) de 2012.

Le chiffre d'affaires, en revanche, a bondi de 74% à 746,9 millions d'euros.

En comparaison, celui de l'Américain Pandora avait été de 600 millions de dollars sur les onze premiers mois de 2013, et celui du Français Deezer avoisinerait 100 millions d'euros.

Le géant de l'internet Google, qui vient de lancer un service payant appelé "YouTube Music Key", ne fournit aucun chiffre sur le chiffre d'affaires tiré des vidéos musicales visibles gratuitement sur YouTube et Vevo.

Chez Spotify, les revenus proviennent à 91% des abonnés payants (plus d'un utilisateur sur cinq) et seulement 9% de la publicité.

L'entreprise s'est concentrée pour le moment sur une expansion spectaculaire à travers le monde.

En 2013, elle s'est lancée sur 32 marchés, et est aujourd'hui présente dans 58 pays, principalement en Europe et sur le continent américain, moins en Asie-Pacifique, et pas du tout en Afrique.

Dans certains pays, ses filiales nationales ont connu leur première année de profit en 2013, comme en France (311.000 euros) ou en Grande-Bretagne (2,6 millions de livres).

De 24 millions d'utilisateurs actifs en avril 2013, Spotify a grimpé à 40 millions en mai 2014 et à "plus de 50 millions" actuellement.

Le président du groupe Martin Lorenzon disait mi-novembre vouloir passer des 1.500 salariés actuels à 2.000 prochainement. En 2013, il n'y en avait que 958 en moyenne sur l'année.

Selon Spotify, 70% du chiffre d'affaires est reversé aux ayants droit. Le rapport annuel fait apparaître qu'en additionnant les "royalties, distribution et autres coûts", les coûts salariaux, et la publicité et relations publiques, les comptes sont déjà dans le rouge.

Spotify parie cependant sur le déclin du CD au profit du "streaming", son produit. Tendance d'autant plus forte chez un public jeune. Certains artistes en sont absents, comme les Beatles (une exclusivité d'iTunes, la boutique de l'Américain Apple), Radiohead, dont le chanteur Thom Yorke dit détester Spotify, ou encore AC/DC. Début novembre, l'Américaine Taylor Swift avait rompu son contrat, rejoignant les artistes critiques pour qui le "streaming" rapporte trop peu.


Belga