"Sine" : une performance sinusoïdale à la croisée entre la science et l'art

Sine performance
Sine performance - © Boris Wilmots

La performance présentée à BOZAR propose de découvrir la création musicale du point de vue du physicien et du musicien. Cela se passe les 21, 24 et 25 mars à BOZAR.

 

François Gaspard et Boris Wilmot ont imaginé ce projet lors d’une résidence artistico-scientifique expérimentale. Le premier, ingénieur et musicien électronique et le second, motion designer et artiste numérique ont souhaité allier leurs domaines en créant Sine”, une immersion participative. Co-produite par Ohme et BOZAR Lab, la performance est la preuve d’une volonté globale de rapprochement entre science et art en mettant en lumière les coulisses techniques d’une création artistique. 

Nous avons posé des questions aux créateurs du projet Sine”, François Gaspard et Boris Wilmot, ainsi qu'à Camilla Colombo, coordinatrice artistique chez Ohme, qui co-produit ce projet qui s’annonce particulièrement captivant. 

 

D’où est venue l’idée de ce projet ?

Camilla Colombo : L'idée de permettre une opportunité de travail sur la musique et d'en créer une performance interdisciplinaire à toujours été une obsession pour Ohme.

En effet, depuis le premier événement que nous avons organisé (Engin.ear, mars 2017), nous avons tenté d’expliquer la musique en prenant un point de vue artistique et physique - de manière ludique, didactique et informelle.

L'opportunité parfaite s’est présentée quand Ohme a reçu le soutien de l'action Science Mundi d'Innoviris pour mettre en œuvre un projet multiple composé de 3 résidences thématiques de recherche et développement entre profils scientifiques et artistiques.

Dans ce contexte, il était évident pour Ohme de se tourner vers François Gaspard, ingénieur et musicien, puisqu’ayant déjà travaillé avec lui à plusieurs reprises (Engin.ear, Music & Technology Corner à BEM17). Il a immédiatement suggéré d'impliquer Boris, artiste numérique et motion designer, et nous ne pouvions qu’approuver son choix. Leur duo fonctionne très bien, et cela s’est vérifié notamment lors de leur collaboration dans le projet ALEAs.Dès les premiers moments d’échange entre les intervenants, il était clair que la dimension interactive devait jouer un rôle clé au sein de Sine et faire tomber les barrières qui existent habituellement dans les moments didactiques les plus classiques.

Le travail de résidence a donc été mis en place et les deux grandes entités, scientifique et artistique, ont évolué et évoluent toujours ensemble.

Il est important de noter que dans le cadre de Sine nous parlons de physique de la musique, mais la partie artistique de la performance est constituée, elle, de deux parties: le volet musical et le volet visuel, comme c'est le cas dans les performances audiovisuelles.

L'idée est donc née de notre grande curiosité à travailler ensemble sur un projet innovant, pluridisciplinaire, destiné à un public varié d'experts, de passionnés, de néophytes, ou simplement de curieux de tout âge.

 

Combien de temps a-t-il fallu pour le mettre sur pied ?

François Gaspard & Boris Wilmot : Nous avons commencé nos réflexions sur la performance en janvier.

Nous avons environ un mois de résidence pour monter le projet.

 

Que signifie le nom "Sine" ?

François Gaspard & Boris Wilmot : “Sine” signifie simplement "sinus" en anglais. L'onde sinusoïdale est la base de tout signal sonore, donc l'ADN de la musique électronique. C'est la première chose que l'on explique dans la performance. Ce nom nous a semblé assez évident.

 

Concrètement, à quoi ressemble la performance ?

François Gaspard & Boris Wilmot : Nous proposons de découvrir le "making of" de la création et de l'interprétation d'un morceau de musique électronique.

Chaque spectateur aura une commande équipée d'un potentiomètre, un bouton qu'on peut tourner, qui est l’un des symboles fort de la musique électronique.

Étape par étape, nous expliquerons différents outils de la synthèse sonore et de la composition (filtres, enveloppes, séquenceur, effets, ...).

Sous notre direction, le public va générer des sons, créer une mélodie et un beat, apprendre à les faire évoluer. Nous finirons par une sorte d'improvisation durant laquelle chaque spectateur aura son rôle à jouer.

 

L’art et la science font la même chose: ils exercent la pensée humaine comme un muscle, ils posent des questions sur l'existence et stimulent la recherche de réponses.

 

De plus en plus, on constate un rapprochement entre les mondes de la science et de l’art comme pour Sine, à quoi cela est du ?

La véritable bêtise réside dans le fait que la science et l'art aient été séparés en premier lieu !

Le phénomène de rapprochement progressif des disciplines artistiques et scientifiques, auquel nous assistons ces dernières années, est le résultat du travail éclairé de nombreux opérateurs qui, dans les différents domaines, ont œuvré à l'application des grands principes de la connaissance et du partage du savoir.

L’art et la science font la même chose: ils exercent la pensée humaine comme un muscle, ils posent des questions sur l'existence et stimulent la recherche de réponses. Ils font cela en utilisant des langues différentes, mais pas incompatibles. Il existe de nombreuses études et publications sur les avantages de la "contamination" entre les arts et les sciences pour les deux parties, mais il n’est pas nécessaire d’aller si loin pour réaliser les affinités profondes qui existent entre la physique et la musique, entre la chimie et la peinture; et bien d’autres combinaisons… Ce sont des affinités essentielles, presque de l'ADN. Il y a de la beauté dans une équation autant qu'il y a de la beauté dans la danse.

Informations pratiques

“Sine” de François Gaspard et Boris Wilmots

Le 21 mars à 19h 

Le 24 mars à 18h30

Le 25 mars à 16h

Des dates sont prévues pour les secondaires

 

Au BOZARLAB (Rue Ravenstein 23 - 1000 Bruxelles)

Entrée : 5 euros

Plus d’informations sur le site de BOZAR.