Show vertigineux de U2 dans le nouveau Bercy

En un peu plus de deux heures d'un concert millimétré, U2 réussit à alterner les ambiances
En un peu plus de deux heures d'un concert millimétré, U2 réussit à alterner les ambiances - © PAUL FAITH - AFP

Le nouveau Bercy, rénové et agrandi, s'est offert un premier concert de gala mardi soir avec le show vertigineux du groupe U2, à base de gros son, d'images vidéo omniprésentes et de dispositifs scéniques ingénieux et novateurs.

Bono et sa bande, partis en tournée mondiale depuis mai, donneront cette semaine quatre concerts dans la salle parisienne, rouverte après deux ans de travaux ayant notamment permis de faire passer la jauge maximale à 20.000 places contre 17.000 auparavant.

"On a toujours été a la maison en France!", lance le chanteur aux lunettes fumées en début de concert, dans un français quasiment sans faute.

En un peu plus de deux heures d'un concert millimétré, U2 réussit à alterner les ambiances: capable de noyer Bercy sous un déluge de sons et d'images, le groupe réussit à garder un lien direct avec le public en invitant une spectatrice ravie sur scène le temps d'un morceau ou en terminant de façon plus classique, avec les écrans éteints et les spectateurs invités à faire les choeurs.

Le dernier album, "Songs of Innocence", dont la sortie l'an dernier s'était accompagnée d'une polémique en raison de sa publication dans le cadre d'une vaste opération commerciale avec Apple, est à l'honneur avec "The Miracle (of Joey Ramone)" en ouverture.

Une demi-douzaine de nouvelles chansons sont au programme de la soirée dont "Iris (Hold Me Close)" où Bono, à genoux, se souvient de sa mère, morte d'une hémorragie cérébrale alors qu'il n'était qu'un adolescent, ou "Cedarwood Road", qui voit le chanteur se balader dans les rues de Dublin par la magie de la vidéo.

Mais les grosses ovations sont évidemment réservées aux tubes de ce groupe né en 1976 et dont le premier album, "Boy", remonte déjà à 35 ans.

Les spectateurs voyagent ainsi dans le temps au gré de "I Will Follow" (1980), "Sunday Bloody Sunday" (1983), "Pride" (1984), "With or Without You" (1987) ou "One" (1992) qui conclut le show.

Mais au-delà de la musique, U2 impressionne surtout par le déluge d'images diffusées sur un grand écran géant traversant la salle. Grâce à une passerelle aérienne, les musiciens peuvent même se glisser dans les images projetées sur cet écran géant et ils peuvent aussi rejoindre une autre petite scène.

Ce dispositif permet de rompre avec les codes traditionnels des concerts en permettant au groupe de multiplier les configurations scéniques: les membres du groupe jouent parfois côte à côte et d'autres fois chacun dans un coin de la salle.

Cette tournée "Innocence + Experience" est la première depuis le très lucratif "360° Tour" organisé entre 2009 et 2011 avec 110 dates, principalement dans des stades. Depuis mai, U2 a donné près de 70 concerts (dans des salles cette fois) en Amérique du Nord et en Europe. Après Paris, le groupe finira l'année en Irlande du Nord et en République d'Irlande.