Saule: "Avec Charlie Winston, la musique est instinctive..!"

Saule
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Saule - © Loupart Stulak

Son troisième album "Géant", réalisé par Charlie Winston, est un tournant entre sonorités british et écriture délicate, il le présentera ce 9 novembre à l'Ancienne Belgique.

2013 est un bon cru pour Saule! Après quelques moments de doutes et des projets annexes, il est revenu en force avec "Géant" qui consacre ses goûts pour la pop anglo-saxonne. Il a trouvé en Charlie Winston, l’architecte idéal pour bâtir un troisième album reflétant ses multiples amours, en notes et en mots. Leur duo "Dusty Men" a d'ailleurs fait un joli bout de chemin.

 

Fort de ce succès, le "chanteur Bio" soutient la campagne du CNCD 11.11.11. pour le Droit à l'alimentation en rejoignant la communautés des "Super Citoyens" en chanson avec "C'est trop pour se dire qu'il est trop tard". Bref, il s'engage et savoure les joies d' une année bien remplie...

 

Rencontre pleine de bonne humeur avant son concert à l'Ancienne Belgique le 9 novembre :

 

A l'écoute de ce troisième album, l'alchimie avec Charlie Winston semble couler de source...

 

Saule: La première rencontre avec Charlie remonte à 4 ans dans une émission qui s'appelle "Le pont des artistes". L'idée est de croiser les univers et ça a marché puisque une semaine après, je jouais aux Trois Baudets. Je lui ai proposé de me rejoindre sur scène et il est arrivé avec son air débonnaire, décontracté. C'est sa simplicité qui m'a touché et qui m'a donné envie de travailler avec lui. Je pensais lui proposer un duo mais lui m'a dit qu'il aimerait réaliser mon disque. Comme j'étais dans une période plus anglo-saxonne dans mes goûts (j'écoutais beaucoup Bon Iver, Arcade Fire, Fleet Foxes...) on a dit "Banco" et on est parti à l'aventure. Avec lui, la musique est instinctive, pas besoin de mot.

 

A l'époque j’étais un peu en panne d'idées. L'expérience avec Stéphanie Crayencour m'a bien débloqué parce qu'écrire pour quelqu'un d'autre permet de déplacer la focale, d'évacuer une sorte de pression. C'est un exercice de style, écrire pour une gonzesse en plus... En parallèle, j'ai travaillé pour moi et au bout de 4 ans, j'avais 60 chansons!

 

Quand on doit en choisir une dizaine pour l'album, on a l'impression de tuer ses enfants?

 

Saule: Oui, il y a un peu de ça (rires)! Mais il y a toujours l'espoir de les ressusciter sur un projet suivant. Avec ceux que l'on a gardé, Charlie a fait un vrai travail d'amplitude. Il a donné de la force, du volume à ce disque. C'est une de ses qualités essentielles.

 

Tu enregistres en groupe ou seul dans ton coin?

 

Saule: C'est marrant parce qu'en fait, j'ai fait toute la première phase d'enregistrement avec le petit micro que tu tiens en main! Je capte un instrument, un son après l'autre, j'adore ça! J'en discutais avec Mathieu Boogaerts qui me disait qu'il faudrait faire un album concept où tout serait enregistré avec un seul micro. Et vu son univers, il est complètement capable de le faire (rires)! J'ai écouté son album "Michel" en boucle, ce type est fantastique! Les chanteurs sont des éponges. Je parlais de groupes anglo-saxons tout à l'heure. Mathieu est un autre exemple d'influences claires, que je mixe et ressort à ma sauce. L'inspiration ne part jamais du néant!

Avec le recul, considères-tu que ton deuxième album "Western" était un échec ?

 

 

Saule : En Belgique certainement pas, c'était même plutôt une belle réussite ! Par contre, en France j'ai été trop catalysé par Polydor, le célèbre label, qui croyait pourtant en moi. Il m'ont dit qu'on allait faire plein de choses et je les ai crus ! J'étais un petit pois dans la marmite. J'ai trop écouté ce qu'on me disait. Ce disque me plaît beaucoup mais ne me ressemble pas. La France a voulu écraser mon côté humoristique en disant que c'était trop belge. Ce troisième album me permet de ne plus gommer une partie de moi. Ceci dit, le marché français garde ses contraintes. Pour passer dans les quotas de chanson française, on a dû refaire une version de "Dusty Men" avec plus de mots en français au point qu'on devait les compter. Ils ont un "labo" qui calcule au mot près. Charlie trouvait ça débile, et il a raison, mais on a bien fait de jouer le jeu parce que le titre passe sur presque toutes les radios.

 

"Vieux", "Petite misère", "Madame Pipi", ou "L'opéra", d’où te vient cette capacité à distiller finement les petits travers des gens ?

 

Saule : A l’époque où je faisais du théâtre, j'ai appris à observer les gens, je devais imiter leurs démarches, leurs tics... Mon petit carnet m'a été très utile à l’époque et c'est resté une force. Je vole des instants de vie chez moi et chez les autres...

 

Tu as également tenté la musique de film avec "Cowboy" de Benoit Mariage...

 

Saule : Faire de la musique de film" c'est fascinant : le fait de savoir que la musique peut avoir une autre fonction dramatique, qu'elle peut amplifier ou modifier l'émotion des images, c'est super intéressant comme expérience pour un compositeur. J'ai adoré ce boulot et je suis clairement candidat pour bosser sur son prochain film. Avec Benoît, comme avec Charlie, il y a une espèce de filiation, je dirais même de fratrie dans la démarche. La simplicité des rapports humains, l'authenticité des gens, c'est un lien fort entre nous !

 

Entretien : François Colinet

 

En concert samedi 9 novembre à l'Ancienne Belgique, Bruxelles

Saule - "Géant" (30 février / PIAS)

Voila déjà presque 10 ans que Baptiste distille ses humeurs entre énergie, dérision et poésie, On avait beaucoup aimé la noirceur de son "Western" sorti il y a 5 ans. Mais Saule s'y sentait à l'étroit. Il retrouve ici une cour de récréation plus pop ("Home Sweet home", "L'économie des mots") et plus décalée ("Chanteur Bio", "Type normal"). la patte de Charlie Winston l'amène à un résultat sans doute moins profond mais indéniablement plus complet et vraiment réussi ! FC

Tu enregistres en groupe ou seul dans ton coin?

 

Saule: C'est marrant parce qu'en fait, j'ai fait toute la première phase d'enregistrement avec le petit micro que tu tiens en main! Je capte un instrument, un son après l'autre, j'adore ça! J'en discutais avec Mathieu Boogaerts qui me disait qu'il faudrait faire un album concept où tout serait enregistré avec un seul micro. Et vu son univers, il est complètement capable de le faire (rires)! J'ai écouté son album "Michel" en boucle, ce type est fantastique! Les chanteurs sont des éponges. Je parlais de groupes anglo-saxons tout à l'heure. Mathieu est un autre exemple d'influences claires, que je mixe et ressort à ma sauce. L'inspiration ne part jamais du néant!

Tu enregistres en groupe ou seul dans ton coin?

 

Saule: C'est marrant parce qu'en fait, j'ai fait toute la première phase d'enregistrement avec le petit micro que tu tiens en main! Je capte un instrument, un son après l'autre, j'adore ça! J'en discutais avec Mathieu Boogaerts qui me disait qu'il faudrait faire un album concept où tout serait enregistré avec un seul micro. Et vu son univers, il est complètement capable de le faire (rires)! J'ai écouté son album "Michel" en boucle, ce type est fantastique! Les chanteurs sont des éponges. Je parlais de groupes anglo-saxons tout à l'heure. Mathieu est un autre exemple d'influences claires, que je mixe et ressort à ma sauce. L'inspiration ne part jamais du néant!