Samir Barris, mélancolique à doses homéopathiques

Samir Barris, mélancolique à doses homéopathiques
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Samir Barris, mélancolique à doses homéopathiques - © Lydue Nevvabda

Actif dans de nombreux projets, notamment pour le jeune public, il revient avec "Fin d’été" un troisième disque solo épatant qu’il présentera au Botanique ce jeudi 29 mars.

Samir Barris, son sourire espiègle, son énergie communicative, il les mettait surtout au service de projets "jeune public" ces dernières années. Neuf ans déjà que son dernier album était sorti. Avec "Fin d’été" qui sort ce vendredi, on découvre un homme plus posé, plus grave, amoureux de poésie et de sa vie de musicien. Nourri de ses multiples expressions, Il nous parle de son dernier né avec une belle sérénité.

Pourquoi avoir attendu neuf ans pour sortir ce troisième album sous votre nom ?

Je n’ai jamais perdu l’idée de faire un troisième album. Mais j’ai été pris dans la spirale de mon projet jeune public  "Ici Baba" il y a 10 ans. Cela m’a beaucoup plu. Ce monde-là est plus léger que le business de la musique adulte.

Je n’ai jamais arrêté d’écrire des chansons. Avec mes amis musiciens, c’était devenu presque la blague du disque qui ne se ferait jamais. Finalement, il est là et j’ai un rapport plus serein avec ce disque-ci parce que j’ai pris le temps de le faire à ma manière. Il ressemble fort à l’idée que j’en avais au départ. C’était un travail plus solitaire, avec des musiciens en "invités".

A la première écoute, on sent une tonalité plus adulte, plus mélancolique que l’image qu’on avait de vous…

Oui. Je ne sais pas exactement ce qui a décidé de la tonalité de ce disque mais j’ai composé un puzzle dont se dégage une certaine couleur. Les chansons se répondent entre elles. C’est une de mes satisfactions.

En l’écoutant, je trouve le disque mélancolique mais une mélancolie qui fait plaisir. Avant, je voulais faire des disques joyeux pour combattre la mélancolie de façon allopathique. Là, je fais un disque qui distille la mélancolie de façon homéopathique.

Pourquoi avoir choisi de "chorégraphier" le clip du single "Bonnes vacances" ?

Je n’ai pas beaucoup d’imagination visuelle, mais j’avais l’envie de danser. J’adore danser, j’ai notamment pris des cours de tango.

J’ai été très séduit par le film "The dancing" de la chorégraphe Edith Depaule. Elle a accepté de réaliser le clip et c’est elle qui a pensé à l’actrice Margot Bancilhon. C’était un travail inédit pour moi. L’idée de faire autre chose que les clips d’aujourd’hui, face caméra. Cela me décentrait par rapport à mon image, en proposant un côté plus adulte.

Vos chansons sont parsemées de vers poétiques…

Je ne voulais pas faire du Leo Ferré malgré mon admiration pour ce grand Monsieur. Eviter de faire de la poésie déclamée sur orchestration. Je voulais que  l’on puisse passer à côté. J’ai un quelques cours en philologie romane qui m’ont attiré sur la démarche poétique à laquelle je suis revenue en parcourant une anthologie par hasard. C’est dommage que ces poèmes ne m’habitent pas plus. Nos grands-parents connaissaient des poèmes par cœur, qui se distillaient en eux sur un très long terme. Aujourd’hui je reste habité par une vingtaine de poèmes qui sont en moi.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de reprendre le magnifique "Septembre" de Barbara ?

Avec l’anniversaire de sa disparition, on reparle beaucoup de Barbara. Cette chanson a été reprise notamment par Camélia Jordana sur le disque d’Alexandre Tharaud. J’adore sa voix mais j’ai trouvé cette version trop distante, très technique, précise mis un peu froid.

Sans être fan inconditionnel, cette chanson me mène à Barbara. Quelle superbe chanson, qui s’est imposée d’emblée comme pièce centrale du disque. L’idée d’un départ mais pas triste puisque il y a aussi une idée de retour.

Finalement, sa première strophe donne le titre de mon album " Jamais la fin d’été n’aura paru si belle… "

 

Entretien : François Colinet

En concert le jeudi 29 mars au Botanique (Bruxelles)

Samir Barris "Fin d'été" (Distribution Tean 4 Action)