Rude #4 : "La Dame Blanche" offre un délicieux élixir de mouvances

Pour la quatorzième fois, la MJ Carpe diem organisait en juin dernier le festival "J’veux du soleil !".

Nous sommes allés à la rencontre La Dame Blanche.

De son vrai nom Yaïte Ramos Rodriguez, née à Cuba (et fille du directeur artistique et tromboniste Jesus Ramos Rodriguez de " l’Orquesta Buena Vista Social Club "), elle a fait ses classes dans le jazz et la musique classique.

Diplômée de l’école nationale d’Art de La Havane, c’est une artiste aux multiples talents, chanteuse, flûtiste et percussionniste.

Sans rien renier, elle s’est affranchie de son écolage classique pour mélanger les sonorités et créer des compositions aux multiples influences.

Son troisième album "Bajo el mismo cielo" ("Sous le même ciel") offre un cocktail explosif de hip-hop, bass music, cumbia et dancehall.

L’alchimie fonctionne entre elle et le co-producteur de l’album, son complice de toujours, Marc "Babylotion" Damblé (ingénieur du son et Beat Maker français qui a travaillé avec Sergent Garcia, Amadou & Mariam, Orishas et bien d’autres).

La Dame Blanche sait parfaitement métisser son propos et explorer sans limite les influences qui lui plaisent, de la trap avec "Fana" jusqu’au flamenco sur la chanson "Bajo el mismo cielo" avec le guitariste et chanteur Sergio Aguilera.Les influences nu cumbia et latin jazz se mêlent parfaitement aux productions modernes notamment avec le corrosif "Mentira" en compagnie de Manteiga du groupe Sud-Africain Batuk.

Un vrai disque de connexions et un travail de collaborations. La fête continue avec Celso Piña, le célèbre accordéoniste, légende vivante de la cumbia et Serko Fu le rappeur mexicain, la chanson "Dos Caras" est un parfait dosage de son " urbano-latino ".

La cumbia est le courant musical le plus populaire d’Amérique Latine, présent sur l’ensemble du continent, du Mexique à l’Argentine.

Spécialisés en musiques latines, les acteurs de Boa Viagem Music ont pour vocation de renforcer la circulation d’artistes sur la scène internationale et de développer une activité de production/booking en Amérique Latine, en complément de l’organisation de tournées en Europe et dans le reste du monde.

Cet album est distribué par Jarring Effects, une maison musicale indépendante, spécialisée dans les musiques indie et anticonformistes depuis 1993. Le label lyonnais encourage les artistes à être indépendants, créatifs et à produire la musique qu’ils aiment plutôt que de chercher à répondre aux critères commerciaux.

Encore un argument (s’il en fallait un) pour vous décider à découvrir La Dame Blanche.

À propos :

"Rude" part à la rencontre des scènes alternatives. Des reportages de styles musicaux très variés qui brisent les clichés et explorent les contre-cultures. Qu’il s’agisse d’artistes ou de collectifs organisateurs d’événements, le but est de mettre en avant des acteurs bien souvent méconnus.