Retro 2014: Top 10 albums anglophones

Retro 2014: Top 10 albums anglophones
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Retro 2014: Top 10 albums anglophones - © John Londono

Vous cherchez encore des idées de cadeaux ? Voici le deuxième volet de notre rétrospective des albums de l’année. 10 disques, anglophones cette fois, qui nous ont pris par la main durant ces 12 derniers mois, et qu’on voulait simplement vous partager. Attention, subjectivité !

Comme choisir, c’est renoncer, classer rime inévitablement avec cruauté ! En pointant seulement 10 albums, on en laisse forcément plein sur le coté (Angus & Julia Stone, The Black Keys, Beck, Ben Howard, Kris Dane et beaucoup, beaucoup d’autres !) On a choisi ceux qui nous ont le plus saisis, étonnés, accompagnés en 2014. Une année visiblement très " british " !

Pour une vision plus large de cette année, on ne peut que vous conseiller le TOP 50 albums et le TOP 50 singles de notre binôme David Salomonowicz, avec qui nous vous proposerons la semaine prochaine un TOP 20 des concerts, qui mixera nos meilleures vibrations scéniques.

 

1. The Barr Brothers « Sleeping Operator » (Canada)

Découvert lors d’une escapade américaine, on a été harponné dans la seconde par la folk harmonieuse de leur premier album, sorti en 2011. Ce second opus ose davantage de croisements avec le blues et ses essences africaines (notamment sur le tribal " Half Crazy ") ramenées par Andy, le percussionniste, de ses voyages maliens. Un album les pieds dans la chaude poussière désertique, et la tête dans les nuages, grâce à une véritable constellation d’instruments. Dont une harpe magique, cordes ultimes pour se laisser empoter par un disque audacieux et plein de trésors !

2. Intergalactic Lovers « Little heavy burdens » (Belgique)

Une évidence inexplicable ! Notre attirance pour ce groupe belge fut instantanée, et grandit encore avec ce deuxième disque, qui reprend les sentiers du premier, en accentuant le tout. Plus riche d’ambiances crépusculaires, dont émane une réelle force lumineuse grâce à la voix mi-ange mi-démon de Lara. Plus audacieux dans sa structure (comme l’angoissant " The fall " en deux parties) et nourrissant plus que jamais notre cinéma intérieur. Un album avec une magnifique pochette qui installe leur univers et leur talent. Pour longtemps…

3. Elbow « The take-off and landing of everything »  (Angleterre)

Avec sa voix rappelant par moment celle de l’immense Peter Gabriel, Guy Garvey, le chanteur de ce groupe originaire de la banlieue de Manchester, nous donne des frissons ! Aussi efficace pour haranguer les foules que pour murmurer aux oreilles des fans, elle porte sur ce disque des compositions qui élargissent le timing classique, s’offrent des cordes et des cuivres, en plus de synthés et de guitares percutants. Ils ont vu grand. Le voyage est bouleversant, à l’image de la ballade " My sad captain " qui touche notre être tout entier…

4. Damon Albarn « Everyday Robots » (Angleterre)

Ce type est un magicien du son ! Après l’avoir prouvé à maintes reprises avec Blur puis Gorillaz, il fait une pause pour parler en " Je " et proposer un de disques les plus fourmillant de l’année. " Mr Tembo ", ritournelle juvénile, ou " Hostiles ", ballade introspective multi piste, sont deux exemples des innombrables branches de l’arbre artistique qu’il fait patiemment pousser depuis tant d’année. Il trifouille dans tous les coins, multiplie les tableaux sonores de Maitre. Et continue ainsi à nous surprendre !

5. Piers Faccini & Vincent Segal « Songs of time lost » (Angleterre / France)

Habitué des premières places de nos tops annuels, tellement son univers nous fait frémir, Piers s’associe ici au violoncelliste Vincent Segal pour célébrer leur longue amitié en chanson. Cet album mérite d’être mis en avant pour l’audace de son épure : quelques cordes, un archet et une voix en font un sublime voyage trilingue, de l’Afrique aux Antilles en passant par l’Italie. A coté de l’anglais et du français, Piers retrouve, en effet, ses racines italiennes sur des compositions d’une rare douceur. Un disque aussi discret qu’indispensable !

6. James Vincent McMorrow « Post Tropical » (Irlande)

Son album " Early in the Morning " nous avait cloués au sol, découvrant un blues au timbre aigu, aussi puissant qu’étonnant. Le deuxième essai est encore plus réussi ! Car il assume cette voix d’ange qui vous enveloppe pour mieux porter vos chagrins. L’ensemble est léger, planant, incroyablement réconfortant, avec quelques cavalcades de synthés (sur " Gold " par exemple) quelques boucles entêtantes et de magnifiques jeux de chœurs, pour y faire entrer la lumière. Laissez-vous porter... !

7. Damien Rice « My favourite faded fantasy » (Irlande)

L’album inattendu de l’année ! Huit ans après son dernier disque, le bel irlandais sort de sa discrétion, avec larmes et cordages, pour aider tous les cœurs qui saignent à se délester de leur poids. Plus de Lisa Hannigan à ses cotés (Sniff !) mais bien des violons au service de longues épopées, (8 morceaux dont 4 font plus de 6 minutes), qui osent les changements de rythmes, contées par une voix toujours aussi chaude (on craque pour " Trusty and true "). C’est du Rice pur jus, du très bon grain !

8. Metronomy « Love letters » (Angleterre)

Ce groupe a le chic pour installer l’ambiance, aussi mélancolique soit-elle ! Après avoir tutoyé la splendeur hype avec " The English riviera ", ils livrent ici une œuvre beaucoup moins joyeuse. Mais en restant les maitres de la ritournelle obsédante et en poussant à fond leur attirance rétro (comme sur le génial instrumental " Boy Racers "). Ce disque, bourré de claviers, est à la fois plombé et léger. Un alliage unique et précieux !

9. Dotan « 7 layers » (Pays-Bas)

La chevauchée chorale de son tube " Home " n’a pu échapper à aucun curieux. Cette voix pleine de réverbération, c’est celle d’un jeune hollandais, né à Jérusalem, qui excelle dans les orchestrations d’envergure, soutenues par le souffle d’échos caverneux. Cet album recèle aussi quelques ballades plus intimistes, qui trahissent ses penchants folks et permettent de dévoiler un bien joli timbre. Un disque un rien répétitif, mais une découverte vraiment réjouissante !

En concert le 5 mars au Trix à Anvers

10. Cheeky Jack « Black Sheep »   (Belgique)

Cet EP 5 titres est une bombe jouissive et inclassable ! Ils picorent parmi les ingrédients du rock et du hip-hop, en les mâtinant d’un génial esprit funky. Chacune de leurs chansons vous donne le " dansant ". Le jeu de guitare dans " Artemisia ", ainsi que ses claps à répétition, sont tout simplement irrésistibles. Programmé en ouverture de journée, ils ont mis le feu au Francofolies de Spa avec une énergie plus que communicative. En prime un chouette clip animé pour " Black Sheep ". Un groupe belge à suivre de très près !

 

François Colinet

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