Rencontre avec " Tout va bien ", étoile montante de la pop belge !

Rencontre avec « Tout va bien », étoile montante de la pop belge !
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Rencontre avec « Tout va bien », étoile montante de la pop belge ! - © Anton Coene

Le jeune Malinois a sorti un des albums les plus obsédants de l’année. Un disque qu’il défendra avec une belle énergie au Club de l’AB ce mercredi 30 septembre.

Une claque ! Un set explosif ! En mai dernier, nous découvrions subjugué la version scénique des compositions du très beau " Kepler Star ", album à la fois aérien et accrocheur d’un Malinois à la voix d’ange, quelque part entre Cascadeur et Anthony and the Johnsons.

Le nom de son projet a démarré par une blague avec un ami. Il s’inscrit à un concours à " Studio Brussel " et finit par le gagner avec ce nom inattendu. " J’avais deux jours pour préparer une reprise, à choisir dans une liste, explique Jan Wouter Van Gestel. J’ai pris Jacques Brel mais, au début je pensais que c’était complètement casse-gueule, on ne s’attaque pas ou Grand Jacques. Et puis je me suis dit : " Vas-y, ça passe ou ça casse, mais, au moins, tu n’auras pas de regrets ! ".

Une reprise qui lui permettra de monter sur le podium du concours, puis d’être suivi d’une oreille attentive par la station de radio. Et par de nombreux curieux. Rencontre…

Comment cette voix haut perchée vous est-elle apparue ?

Je ne m’en suis rendu compte que lorsque j’avais 15 ans. J’ai toujours chanté, depuis ma plus tendre enfance. Mais c’est vers cet âge-là que je me suis rendu compte que cette voix était particulière. D’abord, cela m’a fait un peu bizarre. Mais, rapidement, j’y ai vu une singularité plutôt cool ! Et je me suis amusé à l’entraîner.

Depuis quand écrivez-vous des chansons ?

En parallèle de cette découverte, j’ai commencé à écrire des textes. Au début, c’était en néerlandais. Puis, l’anglais est venu naturellement. Je ne voulais écrire des textes que sur des choses que j’avais personnellement vécues. Il y avait donc plusieurs chansons sur des histoires d’amour, des cœurs brisés.

Mais, ensuite, la vie avance, les inspirations deviennent plus variées et, finalement, il n’y a pas tellement d’histoires d’amour sur cet album. C’est l’album d’un homme qui grandit et qui voit les choses changer.

Vous avez une relation particulière avec le piano…

Oui. Je joue du piano depuis très longtemps parce que mes parents m’ont éduqué " à l’ancienne ". Je ne pouvais pas regarder la télévision ou jouer au jeu vidéo. Et je les remercie pour ça car cela m’a donné beaucoup de temps pour écrire, écouter de la musique et jouer sur le piano qui était dans le salon. Dans un certain sens, cela m’a sauvé ! Cela m’a permis de construire mon propre univers sans les influences médiatiques. J’ai trois sœurs mais qui sont bien plus âgée que moi. Je suis le petit dernier, le bébé " accident " et donc à mes 15 ans, elles avaient déjà quitté la maison. Une maison où la musique est omniprésente. Mes parents chantaient, jouaient des instruments. J’ai fait du solfège mais je n’ai jamais terminé. Je ne sais pas lire la musique. Le piano m’est venu de façon instinctive.

Comment s’est passé le processus de création ?

Composer cet album m’a pris deux ans. J’avais beaucoup de chansons. Il a fallu trier mais surtout trouver, en Arne Van Petegem, quelqu’un avec qui j’avais une totale complicité. Pour les triturer, les faire évoluer, leur donner l’amplitude nécessaire. On a beaucoup travaillé les cordes et puis tout plein de petits détails, des bruits ambiants etc.

J’ai enregistré l’album sans vraiment avoir de lignes directrices. Avec Arne, on a suivi notre instinct. Cela peut être effrayant parfois, mais cela donne aussi des ailes car on ne se refuse rien. Les textes étaient écrits mais pour le reste…

Pourquoi avoir enregistré à Los Angeles ?

Pour pouvoir être créatif, je pense qu’il faut sortir de ses habitudes, de son confort. Je rêvais d’enregistrer là-bas, mais le label était frileux. Alors, je suis parti avec mon propre argent et puis je les ai appelés en disant : " je suis arrivé, je vais de toute façon enregistrer ici, avec ou sans votre aide " ce qui les a amenés à réfléchir. Finalement, je suis resté trois semaines.

Le titre de votre album fait allusion à une Supernova…

Entendre le bruit d’une étoile qui est déjà morte, la symbolique est incroyable ! On peut l’appliquer à nos souvenirs lorsque quelque chose nous rappelle l’existence de quelqu’un qui n’est plus là, cela m’arrive souvent. Ou bien même à notre vie passée puisque notre jeunesse qui s’enfuit a construit ce que nous sommes aujourd’hui.

Choisir un nom francophone, cela accentue votre " Belgitude " ?

Ce n’était pas calculé mais, je chante en anglais, j’écris en néerlandais et j’ai un nom de scène francophone. Et, le plus formidable, c’est que ça marche !

Entretien : François Colinet

 

En concert (avec Rebeka) au Club de l’Ancienne Belgique à Bruxelles ce mercredi 30 septembre

Album "Kepler Star" (Warner Music Benelux)