Rencontre avec Tim Dup: entre hip-hop et chanson, merveilleuses sensations!

Rencontre avec Tim Dup: entre hip-hop et chanson, merveilleuses sensations!
2 images
Rencontre avec Tim Dup: entre hip-hop et chanson, merveilleuses sensations! - © Jim Rosenberg

Le jeune Français sort "Mélancolie heureuse", un formidable premier album qui élargit les styles en imposant sa poésie moderne. En concert à La Louvière le 13 décembre, il participera aussi à  l’hommage à Barbara autour du pianiste Alexandre Tharaud le 16 à Flagey, au profit de Viva For Life.

Précédé d’une réputation prometteuse, il fut notre première sensation forte au premier jour des Francofolies de Spa cet été. Avec sa bouille de poupon et son sens unique de la scansion, démarrant par un morceau sans parole au synthé, Tim Dup  avait réussi à capter une foule de festival, en plein air, au milieu de l’après-midi. Un véritable tour de force!

"J’ai déjà fait quelques scènes en plein air et  j’aime beaucoup parce qu’on essaie de donner plus d’énergie. Commencer par un instrumental, c’est chouette pour ancrer un univers et faire entrer les gens dedans", nous confiait-il peu après sa sortie de scène.

Avant cette première rencontre spadoise, son titre "Vers les ourses polaires" nous avait déjà emportés loin, nous gonflant d’énergie par son invitation au voyage: "C’est la seule chanson de l’album que j’ai co-écrite. Je cherchais une chanson pour me présenter mais je ne trouvais pas le recul pour parler de moi. Elle part de mon expérience d’un voyage en Islande, évoque l’idée de s’échapper, les poumons remplis d’espoir".

Aujourd’hui, son album "Mélancolie heureuse" est enfin sorti et il risque de faire pas mal de bruit car Tim cultive l’art de bouger les frontières de la case dans laquelle les critiques aiment enfermer les artistes. "J’ai appris le piano classique avec une prof particulière. Je crois que le conservatoire et sa rigueur m’auraient dégoûté. Elle m’a fait jouer du jazz, de l’impro, du tango, ce qui a considérablement ouvert mes horizons."

Tim impose un phrasé singulier, qui interpelle d’emblée. Et qui n’a pas mis longtemps à nous séduire: "J’écris des textes fleuves. Si tu veux qu’il tienne dans ton timing de chanson, il faut les dire plus rapidement. J’écoute beaucoup de hip-hop, cela m’influence dans la façon de déclamer mes textes. Seul derrière mon clavier, entre les codes du hip-hop et ceux de la chanson français, je fais de la chanson ouverte!".

Pour défendre ce premier album, il tient à être seul sur scène: " Ce sont des chansons personnelles, à raconter seul. J’ai peur d’être dépossédé de cette relation empathique avec le public. Et puis, si on fait une bourde, on ne peut s’en vouloir qu’à soi-même!".

Ce disque est un condensé de sensations fortes, tant par les textes que par les compositions, remplies de chausse-trappes mélodiques. " Dans une chanson, il faut qu’il y ait de la nuance. J’aime bien l’idée de rupture, de silence, qui permet de recentrer l’attention sur une parole. Cela crée de l’attention et de la tension. Je n’ai pas eu trop de difficultés à l’écrire. Ce qui est compliqué, c’est d’amener les chanson à leur maximum, de faire des choix en terme de production, de savoir dire 'stop'."

Le résultat est assez bluffant pour un premier album: inventif, touchant, puissant! A mettre sous tous les beaux sapins…

 

François Colinet

Tim Dup sera en concert le 13/12 au Central à La Louvière et le 16 mars au Reflektor à Liège

Tim Dup, "Mélancolie heureuse" (Sony)