Rencontre avec Louis Chedid, qui fête 40 ans de chanson !

Rencontre avec Louis Chedid, qui fête 40 ans de chanson !
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Rencontre avec Louis Chedid, qui fête 40 ans de chanson ! - © copyright : Bernard Benant

Son premier album a 40 ans, il fête ce joli anniversaire avec la sortie d'une intégrale et d'un nouvel album "Deux fois l'infini" à découvrir dans D6bels on Stage jeudi 19 décembre à 22h50 sur La Deux.

Ses chansons se dégustent comme du bon vin, se redécouvrent avec délectation. On adore sa personnalité débonnaire, cachant l'aigre de quelques piques bien senties sous la carapace d'un homme doux, affable, touchant.

 

La longévité n'est pas un vain mot pour Louis Chedid, qui sort ces jours-ci son seizième disque, rien que ça ! On pourrait penser qu'avec le temps, ses chansons perdraient de leur saveur et pourtant, oh bonheur, c'est tout le contraire que l'on ressent à l’écoute de "Deux fois l'infini". Rencontre avec un de nos "monstres sacrés".

 

 

Quel est votre sentiment après la sortie de ce 16è disque ?

 

Louis Chedid : J'ai la sensation d'avoir fait un bon disque, le disque que j’avais envie de faire. Mon plaisir était entre autre d'enregistrer chaque instrument et de tout jouer moi-même comme je l’avais fait dans le passé, sur "Hold-up" en 1976 par exemple. Le piano, la basse, la batterie, etc. C’était un fantasme ! J'ai eu la chance de travailler avec Samy Osta dont j'avais adoré le travail sur le disque de Rover, On a enregistré à 3 avec Seb, l’ingénieur du son, dans la joie et la bonne humeur à côté de la place de la Bastille à Paris.

 

Après 40 ans de carrière, la source d'inspiration ne se tarit pas ?

 

Louis Chedid : Je ne me pose pas la question de l'inspiration, sinon c'est paralysant, surtout après 16 disques ! Je veux juste faire un disque qui m'amuse sinon j’arrête ! C'est d'ailleurs tout le processus qui m'amuse : la création, l'enregistrement et la scène, J'ai hâte de retrouver les gens, de constater que le public a de nouveau évolué et qu'à côté des fans vieillissants, il y a aussi quelques jeunes pousses qui ont été contaminés par leurs parents !

 

Sur cet album, on retrouve des thèmes classiques comme l'Amour ou le temps qui passe mais aussi des sujets plus inattendus comme par exemple la problématique des enfants soldats...

 

Louis Chedid : Oui, peut-être que le public ne m'attend pas sur ces sujets mais les chansons viennent avec tout ce qu'on reçoit. Je suis un récepteur. J'ai sans doute dû voir des images d'enfants avec des mitraillettes et puis, tout à coup, face à ton piano, le sujet émerge, c'est magique, inexplicable et les mots se cristallisent pour, au bout, faire une chanson.

 

 

Votre album précédent a marqué les esprits avec un morceau "On ne dis jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime" qui pourrait devenir un de vos classiques...

 

Louis Chedid : Oui, cette chanson a touché beaucoup de gens. Si elle devient un classique, on le verra encore mieux avec le prochain spectacle. Je ne manquerai évidemment pas de la chanter !

 

Cette chanson témoigne de l'importance de vos proches dans la vie de tout les jours. De l'extérieur, on a l'impression que vous chérissez cette notion de clan...

 

Louis Chedid : Le clan, c'est une fondation pour moi. Ma famille au sens large, les amis fidèles.... En vieillissant, on se rend encore plus compte de leur importance. Et puis avec Matthieu, en plus du côté "Père - Fils", on a la chanson en commun ce qui rajoute une couche en plus. Je trouve formidable d’être devenu "le père de M", on ne peut pas rêver mieux ! Le pire ce serait qu'il ne réussisse pas, écrasé par les ancêtres... Ici, c'est le contraire, c'est super !

 

La deuxième volet du "Soldat Rose" vient de paraître. Pourquoi avoir décidé de ne pas y participer ?

 

Louis Chedid : En fait, j'avais vécu un truc tellement fort avec le premier volet que je ne pensais pas pouvoir faire mieux et je n’était pas demandeur de faire un deuxième. Mais, par contre, c'est formidable que Francis Cabrel et voulu reprendre le flambeau. Pierre-Dominique Burgaud continue cette magnifique aventure avec lui, tant mieux !

 

Par contre, vous faites une apparition sur le deuxième volet d' "Enfantillages"..

 

Louis Chedid : Oui, Benabar m'avait invité à un de ses Olympia où j'y ai croisé Aldebert. Cet été, il m'a appelé en me disant que cela lui plairait d'enregistrer une chanson avec moi sur son projet jeune public. J'ai même pas réfléchi, j'ai foncé ! J'aime beaucoup Aldebert, il est formidable, c'est un mec sain !

 

Sortir une intégrale pour ses 40 ans de chanson, ça fout le vertige ?

 

Louis Chedid : Non, d'abord je ne suis pas mort, ce n'est pas une intégrale posthume ! Le premier album date de 1973, il a 40 ans, un bel anniversaire. Mais ce qui m’intéresse, c'est la sortie conjointe de l’intégrale et du nouvel album. Je ne suis pas passéiste. Certains de ces albums ne sont d'ailleurs plus distribués, c'est aussi cela l’intérêt de ce coffret.

 

Pour terminer, disons un mot de "Si j'étais une fille", un titre en forme de projection féminine ?

 

Louis Chedid : Je pense que ça doit être bien d’être une femme ! J'ai été élevé par des femmes. Elles sont solides, radicales, elles décident sans tergiverser , elles ont plus de caractère ! C'est un fantasme qui ne s'assouvira jamais mais c'est intéressant de se demander ce que je ferais si c’était le cas...

 

Entretien : François Colinet

 

A voir dans D6bels on Stage jeudi 19 décembre à 22h50 sur La Deux.

Louis Chédid - "Deux fois l'infini" (Atmosphériques / Sony Music)

Sans faire grand bruit, ces nouvelles chansons deviennent "goûtues" au fil des écoutes, Louis nous donne à entendre ses préoccupations (Scoop, et la frénésie médiatique, Encore un enfant sur les enfants soldats) comme ses fantasmes enfouis (ImmortelSi j'étais une fille) sans oublier quelques belles bulles amoureuses (Deux fois l'infini). On reste en terrain connu avec un Chedid qui ne bouscule rien, mais sa recette ancestrale fait toujours autant de bien ! FC

Louis Chedid: "L'intégrale" (Atmosphériques / Sony Music)