Rencontre avec Intergalactic Lovers: petits fardeaux dans un grand disque !

Intergalactic Lovers
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Intergalactic Lovers - © copyright Guy Kokken

Après leur disque d’or, le groupe belge revient nous enchanter avec ses "Little Heavy Burdens", un deuxième disque somptueux qu’ils présenteront prochainement, à Mons et à Namur notamment.

En art, c’est comme en amour ou en amitié, il y a des connexions tellement évidentes qu’elles ne peuvent s’expliquer ! Cette expérience précieuse, nous l’avons vécue à la découverte du premier album des Intergalactic Lovers "Greetings & salutations". La voix de Lara Chedraoui, croisement improbable entre celles de Feist et de Cat Power nous a instantanément transportés et, à force d’écoute, un lien très affectif s’est construit avec leurs chansons.

Trois ans plus tard, nous attendions donc leur nouvel album comme un gamin attend la visite de Saint-Nicolas, avec envie et excitation ! Morceaux choisis de nos chaleureuses retrouvailles avec Lara la chanteuse et Maarten Huygens le guitariste.

 

Le titre de votre disque évoque de "Lourds Petits Fardeaux". Qu’aviez-vous en tête au moment du choix ?

Lara: ce titre parle des petits problèmes de tous les jours, ces petites choses qui, sur le moment, ont l’air insurmontables, dans votre vie amoureuse ou familiale par exemple, mais vous savez bien que tant de gens vivent des soucis bien plus graves. On sait tous cela mais c’est parfois difficile de relativiser ce qui nous arrive ! C’est Raf, notre bassiste, qui l’a trouvé à la fin de l’enregistrement et je pense qu’il reflète bien les thèmes présents sur ce disque.

Les nouveaux morceaux nous paraissent encore plus habités que les précédents…

Lara: le disque est plus mélancolique que le premier. On a travaillé sur les atmosphères en allant plus loin dans l’expérimentation. On a vécu une période entre joie et stress, parce que d’un coup ta vie change, tu ne vois plus autant les gens que tu aimes. Cela contribue à la mélancolie. J’entends tous les hauts et tous les bas de ces trois années dans ce nouveau disque. Pour moi, l’album raconte une histoire cohérente. La tristesse et la joie sont immanquablement liées, tout comme la mélancolie et l’espoir sont liés. Parce que la tristesse peut toujours se transformer…

Par moments, on se croirait dans des atmosphères de cinéma. Cela vous plairait de poser votre musique sur des images ?

Maarten: on l’a déjà fait un petit peu pour la musique du film "Code 37", de Jakob Verbruggen, mais on n’avait pas eu le temps de faire toute la bande originale, les délais étaient vraiment trop courts. Alors, on a écrit un seul morceau et, pour le reste, ils ont repris les chansons du premier album. Évidemment, on aimerait beaucoup avoir d’autres opportunités de le faire.

Lara: moi, j’adore voir des images quand j’écoute de la musique. J’ai une imagination très visuelle. Même sur scène, quand les autres jouent autour de moi, il m’arrive de partir complètement ailleurs !

Avez-vous travaillé de la même façon que pour la réalisation du premier album ?

Maarten : en fait, la situation état très différente puisque pour le premier, on ne savait pas encore que l’on faisait un album ! On a assemblé des morceaux qui arrivaient au fur et à mesure, sans réfléchir qu’à un certain moment, cela pourrait faire un disque. Alors qu’ici, le temps était plus défini. On est arrivé en studio en sachant, à peu prés, ce qu’on voulait faire. On savait dans quelle direction on voulait aller.

Vous avez repris le même réalisateur pour ce deuxième album. Ce qui aurait pu augmenter le risque de rester dans les mêmes ambiances que sur le premier disque, d’autant plus vu son succès…

Lara : C’était naturel de rester avec Thomas (Harsem NDLR) comme réalisateur parce qu’on était très content de la première aventure. Pour lui comme pour nous, le challenge, c’était de faire au moins aussi bien que le disque d’or que l’on a obtenu avec le premier album. Un deuxième disque, c’est beaucoup de stress : est-ce que les gens vont adhérer ? Comprendre notre évolution ? Car, pour être honnête, on ne peut pas écrire la même chose deux fois. Si les gens préfèrent le premier, pas de souci, qu’ils écoutent le premier, mais nous devons évoluer, suivre notre chemin.

Maarten : On est allé plus loin dans les détails puisqu’on avait, cette fois-ci, une vision globale du déroulement de l’album. On a aussi mieux calculé le temps nécessaire en studio, Thomas voulait qu’on aille en profondeur. C’est la grande différence entre les deux disques. Mais cette grande exigence a rendu l’enregistrement plus difficile.

Vous avez donné un concert triomphal à l’Ancienne Belgique huit jours à peine après la sortie de votre nouvel album. Premières impressions ?

Maarten : La première fois que l’on a joué ici, j’étais hyper nerveux. L’AB c’est la salle la plus prestigieuse pour moi. Mais cette fois-ci, ça s’est super bien passé. J’ai pu vraiment en profiter !

Lara : Je crois que la plupart des gens étaient contents. Ma mère et ma sœur ont aimé ! (Rires) Sérieusement, je suis super contente du disque et super fière des garçons ! La critique à l’air de nous suivre donc les choses s’annoncent bien…

 

Entretien : François Colinet

 

En concert : le 28/03 à Mons (Alhambra) le 29/03 à Namur (Belvédère), le 05/04 à Anvers (Aremberg) et le 30/04 à Gand (Vooruit)

Intergalactic Lovers "Little Heavy Burdens" (Warner)

On le sent dès les premières notes entêtantes de "Northern Rd" : ce disque est la suite logique du premier mais en plus fort ! On aime le côté angoissant de "Obstinated Heart", le son plus léger du single "Islands" tandis que les deux parties distinctes de "The Fall" assument parfaitement leurs penchants cinématographiques. C’est pour nous une évidence : Intergalactic lovers a trouvé une identité forte, une recette subtilement dosée qui donne lieu à un grand disque. Par un grand groupe qui a, en plus, un chouette sens graphique vu la magnifique pochette ! FC.

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