Rencontre avec Boulevard Des Airs, pour un retour électro et festif

Boulevard des Airs
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Boulevard des Airs - © Cedrick Nöt - Pagan Photography

Les compères de Tarbes sortent "Je me dis que toi aussi", un quatrième album au virage électro complètement assumé, avant de retrouver les joies de la route. L’étape belge à l’Ancienne Belgique le 22 mars est à ne surtout pas manquer !

C’est un de nos souvenirs scéniques les plus forts ! La découverte de l’énergie et de la communion de Boulevard des Airs avec un public chaud comme la braise, quel pied ! Devenu incontournable après le beau succès de "Bruxelles" leur album précédent, les voilà à la croisée des chemins avec un disque qui malaxe en plein l’air du temps électro, au risque de nos dérouter. Très (trop ?) "stromaeien" (Lionel Capouillez, son ingénieur du son, y a laissé trainer son expertise), ces nouvelles chansons sont prêtes à faire un tabac et à rassembler un public toujours plus large désireux de (leur) faire une jolie fête…Rencontre tout sourire avec le chanteur, Sylvain Duthu.

En découvrant votre nouvel album, le virage électro saute aux oreilles. Pourquoi avoir pris une option aussi marquée ?

Sylvain Duthu : Le virage n’est pas si sec que ça. On reste dans la lignée de "Bruxelles", le disque précédent avec ce mix entre guitares et électro, même si on va clairement plus dans ce sens-là. C’est aussi le résultat de nos influences du moment. Odezenne, Vald, Damso m’ont vraiment séduit. Les autres ont mis un pied immense dans cet infini, au point de monter un groupe électro sur le côté. C’est un terrain de jeu très excitant ! D’autre part, on a dû composer avec le départ de deux de nos "cuivres". On compose donc avec l’équipe qu’on a. La question centrale s’était de savoir si on allait faire ce que les gens attendaient de nous ou si on se faisait plaisir.

N’avez-vous pas peur de perdre une partie de votre public ?

Je crois que l’on aime toujours ce que l’on découvre en premier. C’est une prise de risque, on en a conscience.  Certains vont partir d’autres vont arriver. C’est comme dans tous les métiers certains préfèrent l’ancien, d’autres le nouveau. Cela ne changera pas l’ADN du groupe sur scène, ni notre  joie de retrouver les gens et notre complicité avec eux. On peut facilement s’enfermer dans une bulle  de la salle à l’hôtel chaque soir, mais le lien social est hyper important pour nous, savoir qui compose notre public. On discute souvent pendant une heure avec les gens. C’est important de savoir qui vient te voir, demander ce qu’ils font dans la vie…

N’allez- tout de même perdre un coté organique en remplaçant les instruments par des machines ?

Il y aura toujours de vrais instruments sur scène. L’Instrument symbolique, c’est la batterie. On pourrait s’en passer sans problème mais on veut garder une vraie batterie. Pareil pour les claviers. On va faire un mix entre les machines et les instruments organiques. Les machines imitent extrêmement bien les instruments. Mais, on n’est pas que des programmateurs, on est avant tout des musiciens ! Malgré les arrangements très produits, si la chanson ne tient pas en piano ou guitare voix, si tu ne peux pas la faire tout seul, ça ne sert à rien de rajouter des machines.

La question de la mort et du temps qui passe est très présent sur ce disque. Symptôme de l’arrivée de la trentaine ?

Ce n’est pas propre à la trentaine. Beaucoup d’anciens titres parlent de ça comme "Je cours", par exemple. Du coup je me rends compte que je me répète ! (Rires) Ce sujet revient régulièrement. Deux parmi nous sont déjà papas, l’engagement, le choix je constate que c’est fort présent parce que nos vies avancent…

Et dans votre processus de création, les changent bougent ?

Non, pour la fabrication de l’album, on garde nos principes de fonctionnement à quatre, chez nous, à Tarbes. On a bossé comme des fous pendant neuf mois mais on ne veut pas de contraintes extérieures. On fait ce qu’on veut, quand on veut. Jamais personne ne viendra nous dicter le chemin à suivre. Notre label le sait et nous laisse tranquilles. C’est une vraie relation de confiance.

Comme avec Vianney sur le duo " Allez reste"…

Avec Vianney, c’est une longue amitié. On l’a rencontré avant le début de sa carrière musicale, c’est notre manager, Bertrand Louis qui l’a découvert. On s’invitait l’un chez l’autre, puis sur scène dans des petites salles puis dans des Zéniths. C’était évident qu’il y aurait quelque chose entre nous. On partage les mêmes valeurs. Il est très humble et simple, c’est assez rare dans ce métier.

L’idée de faire de la musique votre vrai métier vous est arrivé tard. Quel regard portez-vous sur votre carrière à l’entame de ce nouveau chapitre ?

On s’émerveille encore de cette réussite. On a joué longtemps avant que cela marche. On ne rêvait pas du tout de ce monde-là. De 2004 à 2011, on jouait par-ci par-là dans les bars, sans album officiel. Puis vers 2010 on se dit : "j’aimerais mieux être artiste que prof ou architecte !"

Notre manager nous convaincu que "Cielo Ciego"  pourrait être un tube. C’était la bonne personne, au bon endroit et au bon moment. Et l’aventure a commencé.. !

 

Entretien François Colinet

En concert le 22 mars à l’Ancienne Belgique (Bruxelles)

Boulevard des Airs : " Je me dis que toi aussi " (Sony Music)