Quatre questions pour Mademoiselle Nineteen

Mademoiselle Nineteen
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Mademoiselle Nineteen - © Tous droits réservés

En 2012, une Lolita mignonne comme un cœur évoquait ses premiers émois amoureux sur fond de guitares yéyé et de refrains lipstick pop signés Jacques Duvall. Cinq ans plus tard, Mademoiselle Nineteen a jeté ses sucettes à l’anis et s’est trouvé une nouvelle âme rock dans les brumes de Liverpool. Mais pourquoi une Liégeoise se retrouve dans le berceau des Beatles et de The La’s pour enregistrer son nouvel album ?

Pourquoi ce long silence ?

Juliette Wathieu : J’avais besoin de prendre un peu de recul après tout ce que j’avais vécu sous le nom de Mademoiselle Nineteen. Être chanteuse est un rêve que je caresse depuis l’enfance, mais ce n’est pas ma vie à 100 %. J’ai une autre passion qui me tient à cœur : je travaille à La Pouponnière, une institution qui accueille des enfants âgés de 0 à 6 ans retirés de la responsabilité parentale sur décision du juge.

 

Pourquoi un nouvel album ?

La scène commençait à me manquer et j’avais aussi envie d’amener le projet Mademoiselle Nineteen plus loin. Mon premier album, dont les chansons étaient quasi toutes écrites par Jacques Duvall, a suscité des fantasmes chez pas mal d’auteurs. Sur mon nouveau disque, on trouve des textes signés Dorian, Rudy Léonet, Elisabeth Jutel du groupe français Double Françoise, Pierre Mikaïloff (écrivain et ancien parolier de Jacno, - ndlr), mon père (Marc Morgan), mon frère et bien sûr Jacques Duvall pour un morceau. Musicalement, je voulais quelque chose de plus éclaté. Avec les infl uences sixties et bubble gum qui caracté- risaient les chansons du début, bien sûr, mais aussi de la pop, du rock, du garage, du punk.

 

Pourquoi " Liverpool " ?

Benjamin Schoos, qui dirige mon label Freaksville Records a eu l’idée de m’envoyer à Liverpool pour enregistrer avec Alex Ga- vaghan, un musicien / producteur qui connaît toute la scène locale. Les sessions étaient prévues sur trois jours. La tempête soufflait lorsque je suis arrivée à Liverpool et l’ambiance était parfois irréelle avec ces musiciens de studio aguerris et moi, la petite Mademoiselle Nineteen, qui chante en fran- çais. C’était le choc des cultures. Mais en per- dant ainsi tous mes repères, j’ai dû sortir de ma coquille et me surpasser.

 

Pourquoi (encore) Mademoiselle Nineteen ?

Je ne suis plus la jeune fille du premier album qui contait ses petits tracas amoureux. J’ai évolué mais dans l’esthétique et la cohérence du projet, ça reste toujours du Mademoiselle Nineteen. Et puis, je dois avouer quelque chose. À l’époque de mon premier disque, je n’avais pas dix-neuf ans. J’en avais trois de plus.

 

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