Oscar & the Wolf à l'AB : un n°10 encore un peu tendre

Oscar & the Wolf à l'AB
Oscar & the Wolf à l'AB - © © RTBF – David Salomonowicz - 2014

Véritable révélation de l'année, le jeune Max Colombie a livré une prestation honorable, mais qui manque encore un peu de mordant. Explication.

La soirée avait pourtant très bien commencé avec une première partie on ne peut plus intéressante nommée Cathedral 77. Un jeune mec certes un peu prétentieux mais qui délivre une électro ambient satinée de guitare et de samples synthétiques qui rappelle les derniers chipotages Thom Yorkiens ou de Jamie XX. À suivre très attentivement.

 

Mais le vrai héros de la soirée arrive dans une cape de boxeur dorée à paillettes. Le très jeune et très féminin public (très flamand également tant son aura est immense au Nord du Pays) semble ravi dès qu'il se met à danser en ondulant les bras. De notre côté, on n'avait jamais vraiment remarqué, mais le mec a des faux airs d'Eden Hazard, tant physiquement que dans le comportement.

Et cette impression ne va en fait plus nous lâcher. Oscar est certes pétri de talent, mais on a le sentiment qu'il en garde un peu sous la pédale et qu'il pourrait aller beaucoup plus loin. Un peu comme quand on se demande pourquoi le n°10 des Diables n'éclabousse pas les parties internationales comme il le fait en patron à Chelsea.

Attention, pas de mégarde, le jeune Max mouille le maillot, chante son indie pop avec justesse et livre un set très carré, mais ça manque juste un peu d'authenticité, de substance, d'imperfection pour être complètement touchant. Et ce même quand il s'essaye à un piano-voix. Cette dernière est d'ailleurs perpétuellement sur la même tonalité et l'impression monocorde devient du coup assez vite monotone...

Certes, en deux coups de grigri (Princes et Strange Entity) qu'on lui savait dans les pattes, il envoie deux lucarnes imparables, mais celles-ci ainsi que la reprise très quelconque de Freed From Desire de Gala ne sauvent pas la mini-heure de prestation d'un n°10 assez fade qui se contente de faire tourner.

Dommage parce qu'on avait apprécié l'album et certainement à revoir tant le potentiel du jeune homme est là. Il faut bien sûr être indulgent avec les jeunes pousses qui n'ont qu'un seul album, mais pour le prochain, il faudra juste muscler ton jeu, Eden. Euh Oscar...

 

David Salomonowicz