Nos perles de 2014 : Salomé Leclerc nous foudroie!

Nos perles de 2014 : Salomé Leclerc nous foudroie!
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Nos perles de 2014 : Salomé Leclerc nous foudroie! - © Pierre Manning

Deuxième perle à extirper d’une année 2014 foisonnante, cette artiste québécoise nous offre, sur son nouveau disque, des atmosphères poignantes où se mêlent folk, rock, et électro. Un album tout simplement bluffant !

S’appeler " Leclerc " pourrait être difficile à porter au Québec, si l’on veut se lancer dans la chanson, tant, il est vrai, que l’ombre du grand Félix continue de planer dans la Belle province. Pourtant, la ravissante Salomé semble très bien s’en accommoder, à l’heure de défendre son deuxième album, un disque qui nous hante depuis sa sortie ! Elle nous avait, d’ailleurs, déjà séduits aux Francofolies de Spa 2013, particulièrement par son titre " Tourne encore ".

Ses nouvelles chansons ont eu sur nous l’effet d’un véritable coup de tonnerre. Il explore plein de pistes sans être décousu. Entre poésie et noirceur, voici " 27 fois l’Aurore ".

" Je suis née un 27 avril et j’ai enregistré l’album à 27 ans, nous explique Salomé à quelques heures d’ouvrir pour Detroit au Théâtre National. Ce chiffre revenait souvent et je trouvais que l’aurore était une belle image pour marquer le début de l’aventure avec ce deuxième album. "

Arlon, source d’inspiration

Une aventure sonore qui, pour nous belges, démarre par une vraie curiosité, puisque le premier morceau s’intitule " Arlon ".

" Je n’écris pas ailleurs que chez moi d’habitude. Mais, le jour où j’ai joué dans cette ville, je ne sais pas pourquoi, l’inspiration m’est venue, se souvient-elle. Après les balances pour le concert du soir, on a commencé à jammer et le premier couplet de cette chanson en est sorti. " Une chanson qui sert d’ailleurs de premier single à l’album. Avec un clip assez crépusculaire qui ne reflète qu’une partie de la tonalité musicale de ce disque.

Ces ambiances, Salomé les a construites avec Philippe Brault, qui, au fil du temps, devient plus qu’un simple camarade de jeu. " Philippe était musicien sur ma tournée et, pour l’album, je voulais une équipe que je connaisse déjà, une chimie déjà installée. Il connaissait mes influences, mes envies. J’avais une très grande confiance en lui. D’ailleurs, je suis certaine je ferai encore le troisième avec lui. On s’influence mutuellement en s’envoyant beaucoup de propositions l’un et l’autre. Cela devient un jeu entre nous. Sur scène au fil de la tournée, le son devenait plus rock. Du coup, je sentais que je voulais un album plus brut. J’ai donc écrit les chansons en conséquence. L’enregistrement en studio nous a permis d’expérimenter cette envie. "

Suggérer sans imposer

Outre l’atmosphère, les textes sont également extrêmement séduisants en proposant une écriture énigmatique, poétique parfois.

" J’adore écouter des textes qui me font voyager et j’essaie d’écrire la même chose. Des chansons qui amènent l’auditeur vers un cinéma intérieur, et qui permettent à chacun de trouver sa propre compréhension. J’aime les multiples interprétations, suggérer sans imposer. "

Autodidacte et multi instrumentiste, elle se dit " bonne en rien mais touche-à-tout. " Jugez plutôt :

" J’ai commencé par la batterie. C’est inhabituel, mais je pense que cela se reflète aujourd’hui encore dans mon jeu de guitare. Je joue un peu de basse, de clavier. Et, sur scène, un peu d’harmonica. Mes parents ne sont pas dans ce métier mais de vrais mélomanes. Mes frères sont musiciens. Depuis toujours il y a de la musique autour de moi. "

En pleine tournée pour présenter ce disque flamboyant, Salomé ne pense pas encore à la suite. Enfin presque pas. " Devoir écrire un nouvel album c’est terriblement stressant. Mais il faut s’écouter, se faire confiance. Vers la fin de la tournée précédant, j’ai réussi à écrire les premières chansons de celui-ci, mais ce n’est pas facile du tout. Je crois qu’il faut d’abord vivre à fond la tournée et l’album présent avant d’être capable de se concentrer sur le suivant. "

Alors plongez avec gourmandise dans ce " 27 fois l’Aurore " regorgeant de surprises sonores, de références assumées à Feist ou James Blake par exemples. Sans oublier quelques cuivres enveloppants. Notamment sur " Le bon moment ", irrésistible climax d’un disque hypnotique qui devrait rassasier l’appétit des vrais curieux !

François Colinet

 

 

Salomé Leclerc " 27 fois l’Aurore " (Tôt ou tard / PIAS)