Norah Jones à Lille: l'intimité sublimée!

Norah Jones à Lille: l'intimité sublimée!
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Norah Jones à Lille: l'intimité sublimée! - © Droits réservés

Pour la sortie de "Day breaks", son magnifique septième album, elle s’est offert une petite tournée française en toute intimité. Nous étions à Lille samedi soir.

Nous accompagner sans en avoir l’air. Voilà une des marques des très grands. En dégustant, tapis dans l’ombre, chacune de ses notes, on s’est rappelé combien Norah Jones nous tient discrètement la main depuis près de 15 ans.

Après avoir connu le tourbillon de l’énorme succès - son premier album s’est vendu à quelque 25 millions d’exemplaires - et s’être frottée à une multitude de formules, elle revient ici à ses premières amours jazz: piano, guitares, contrebasse et une batterie donnant un tempo parfait.

Les plaisirs de l’intime

Ce vieux théâtre Sebastopol de Lille a sonné comme l’endroit parfait pour ses retrouvailles. Robe noire légèrement pailletée, elle s’installe au piano et, sans un mot, surprend d’emblée en saluant la grandeur éternelle de Leonard Cohen via "Everybody knows", délicatement dépouillé.

Nous voilà transportés dans un club de son New York natal. Elle enchaine les douceurs pianistiques avec cette voix de cristal qui fait d’elle une reine du jazz vocal. L’ambiance est soyeuse à souhait. Son sourire suspend toutes les "trumpitudes" du monde. "Peace is for everyone", chante-t-elle sur ce nouveau disque, qui rappelle les racines jazz dont elle vient.

Ce n’est pas faute pourtant d’avoir roulé sa bosse dans une multitude de style. Pop, rock, country: avec cette voix, elle peut à peu près tout se permettre. Après une demi-heure de bonheur, elle se lève pour continuer l’aventure à la guitare acoustique puis électrique pour "Come away with me", que nous ne sommes visiblement pas le seul à porter aux nues des merveilles romantiques.

On pense alors que le plus beau est passé mais c’est sans compter sur un band très inspiré, qui va permettre quelques envolées à la croisée des chemins entre jazz et rock. "Chassing pirates" offre aussi un passage plus pop.

Une reprise de Neil Young avant le très attendu "Don’t know why" suivi de "Painter song", qui célèbrent une nouvelle fois la grâce de ce premier disque légendaire.

Elle prend congé juste pour la forme avant de revenir une dernière fois, accompagnée de son groupe autour d’un seul micro pour une escapade country puis un "Sunrise", sourire sur le gâteau d’une soirée simple et ô combien charmante.

 

François Colinet

Norah Jones, "Day breaks" (Blue Note/Universal)