N.W.A. joyeux, Steve Miller critique lors du "Rock and Roll Hall of Fame"

Steve Miller lors de la cérémonie du Rock and Roll Hall of Fame, le 8 avril 2016 à New York
Steve Miller lors de la cérémonie du Rock and Roll Hall of Fame, le 8 avril 2016 à New York - © Theo Wargo - AFP

Le groupe N.W.A, pionner du gangsta rap américain, a qualifié son succès de leçon pour la jeunesse lors de son entrée vendredi au Rock and Roll Hall of Fame, institution que le bluesman Steve Miller a choisi de critiquer.

Les rappeurs noirs, qui viennent de Compton, une banlieue difficile de Los Angeles, avaient été retenus en décembre pour entrer au Rock and Roll Hall of Fame aux côtés des Britanniques de Deep Purple, des rockeurs de Cheap Trick et de Chicago et du bluesman psychédélique Steve Miller.

Les lauréats ont été honorés lors d'une cérémonie à New York. Le panthéon du rock, basé à Cleveland, dans l'Ohio (nord), choisit ses artistes grâce aux votes de 800 personnalités du monde de la musique.

La cérémonie s'est transformée en une rare réunion du groupe de rappeurs noirs, qui s'est dissous après la sortie de son dernier album en 1991.

Ils avaient choqué l'Amérique blanche en dénonçant avec violence les brutalités de la police à l'encontre des Noirs américains, notamment avec le tube "Fuck Tha Police".

Membre du groupe N.W.A. à ses origines, Dr Dre est monté sur scène, vêtu d'un costume et d'une cravate noirs, accompagné de Ice Cube, arborant ses habituelles lunettes de soleil.

"A l'époque, il y avait beaucoup de gens contre nous qui avaient un problème avec ce qu'on disait", s'est rappelé Dr Dre, remarquant que même le nom du groupe, Niggaz Wit Attitudes, avait fait polémique.

"Mais ça prouve à tous les jeunes qui grandissent dans des endroits comme Compton que tout est possible", s'est réjoui le rappeur, désormais multimillionnaire et cadre chez le géant américain du secteur technologique Apple.

Steve Miller s'est, lui, plaint auprès des journalistes, accusant le Rock and Roll Hall of Fame d'essayer de "voler" les droits d'utilisation des images et d'avoir exigé que toute personne l'accompagnant, excepté sa femme, paie 10.000 dollars pour un ticket.

"Le processus entier doit être changé dans son ensemble", a réclamé Miller, ajoutant qu'il fallait "respecter les artistes que l'on dit honorer".