Michael Gregorio, le caméléon des sons, revient nous épater!

Michael Gregorio
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Michael Gregorio - © copyright : Lisa Roze

Avec sa seule voix pour instrument, il convoque des dizaines d’artistes dans un show haut en couleurs et plein de trouvailles musicales, à voir les 4 et 5 février à Bruxelles et les 20 et 21 mai à Liège.

 

Michael Gregorio est un homme charmant. Timide, discret et pas très grand en taille, il passerait presque inaperçu. Sur scène par contre, il balaie tout sur son passage ! Plus qu’un imitateur, il aime se définir, à raison, comme interprète et comédien, dans un spectacle qui disloque les catégories.

 

Les charmes du spectacle vivant

 

Le plus bluffant chez ce petit bonhomme malicieux, c’est sa façon de maîtriser sa voix en permanence : "J’aime bien donner cette impression mais parfois elle me lâche, avoue-t-il. Il y a de la pression, je suis très sensible au trac. Mais, d’un autre côté, la scène est aussi un moment de relâchement. Il faut trouver le juste milieu : à la fois maîtriser son sujet et en même temps être détendu. S"il y a un problème, ce n’est pas grave, on s’arrête, on explique, on rigole avec les gens. Ce fil sur lequel on est en permanence, voilà le vrai charme du spectacle vivant !"

 

En suivant les performances des imitateurs, on s’est toujours demandé comment ils finissent par se rendre compte de ce don inhabituel. Pour Michael, le théâtre scolaire fut déterminant : "C’est quelque chose d’extrêmement progressif se souvient-t-il. Je m’en suis rendu compte assez tard. A l’école, je devais jouer, dans une pièce de Brecht, un personnage beaucoup plus âgé que moi. J’ai donc été obligé de travailler ma voix et c’est comme ça que je m’en suis aperçu. Après, cela devient un mélange entre du travail et des prédispositions à la base. Avec le temps le travail et les angoisses se transforment. Il y a quelques années, on ne m’attendait pas. Je pouvais jouer sur l’effet de surprise. Maintenant, la pression s’est transformée en cette peur de décevoir le public qui m’attend. Je travaille donc en permanence de nouvelles voix, le spectacle n’est pas figé."

 

La performance scénique qu’il propose est à la croisée des chemins artistiques : "C’est un spectacle musical avec du travail vocal de chant et d’interprétation, donc de comédien. L’imitation rentre là-dedans, l’un va avec l’autre, on ne pas vraiment dissocier. Ado, je voulais devenir comédien et j’étais fan de rock, j’ai donc réussi à combiner mes deux passions !"

 

Apprendre à malaxer les sons

 

A le voir passer avec une telle aisance d’une voix et d’un style à l’autre, on ne peut que saluer le talent de ce caméléon du son. Car il ne se contente pas d’imiter des chanteurs : "Les gens me réclament souvent l’imitation de la guitare électrique. Travailler sur un son ou une voix, c’est pareil, c’est un travail vocal. Mais contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, je n’ai qu’une seule voix, la mienne, à laquelle je rajoute de la contrainte pour la faire sonner comme Brel, Louis Armstrong ou Shakira par exemple.

 

J’incorpore l’actualité musicale. J’écoute beaucoup d’artistes. J’essaie de proposer les voix que les gens aiment. Le trio jazz Armstrong, Ray Charles, Billie Holliday par exemple m’a demandé un an de travail pour pouvoir switcher de l’un à l’autre. Les voix de femmes sont naturellement plus éloignées de ma tessiture. Même si j’en ai quelques unes dans le spectacle, je me tourne plus vers des voix masculines."

 

Au final "Michael Gregorio en ConcertS" porte bien son titre puisque il nous invite à embarquer pour une succession d’ambiances, de la plus intimiste à la plus grandiloquente. Si on est moins friand de la fin du show qui nous transporte dans la furie des méga concerts en stades, on a pris un grand plaisir à essayer de reconnaître l’identité de chacun des invités, comme dans un quiz géant, lors de son dernier passage chez nous. Ce spectacle novateur et, par moments, jubilatoire, devrait ravir tout ceux qui aiment malaxer la musique dans tous les sens et fredonner à tue-tête…

 

François Colinet

 

En concert les 4 et 5 février au Cirque Royal de Bruxelles, les 20 et 21 mai au Forum de Liège.

Un petit aperçu des talents de Michael Gregorio