Lloyd Cole : "The Commotions ne s'amusaient pas sur scène !"

Lloyd Cole
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Lloyd Cole - © credits : Kim Frank

Le leader du célébré groupe anglais des années '80 revient aux plaisir simples du rock et de la scène avec 10 dates en Belgique à partir du 8 novembre.

Discret mais prolifique, Lloyd Cole ne s'est jamais vraiment arrêté de faire de la musique. Les pages du succès avec "The Commotions" se sont tournées il y a 25 ans déjà, mais leur ancien leader a cultivé depuis ses plaisirs de musicien. Un éphémère groupe de potes avec "The Negatives" et quelques incursions folks. Il revient cette fois à ces premières amours rock avec "Standards" et une tournée en solitaire.

 

A cette occasion, il nous reçoit avec son flegme britannique et pose un regard lucide et plein de nouvelles envies sur son joli parcours:

 

Après une longue carrière et quelques disques plus folks, vous voilà de retour avec un projet rock. Une envie préméditée?

 

Lloyd Cole: Ce sont les chansons qui décident, elles sont les patrons! Au fur et à mesure que j’écrivais, je me suis rendu compte qu'un son plus rock s'imposait par lui-même. Avant de commencer ce disque, je passais pas mal de temps à me demander ce qu'un chanteur de 50 ans devait faire de sa vie. Et tout à coup, je me suis à nouveau autorisé à faire ce que je sentais, sans réfléchir.

 

Certaines critiques avaient qualifié mon dernier album de "Americana". Je déteste ce terme, pour moi, il sonne comme de la mauvaise vieille country. Pour qu'il n'y ait plus d’ambiguïté, je voulais être sûr de ne pas mettre de banjo sur celui-ci (rires)!

 

Vous êtes un Anglais vivant aux États-Unis. En quels sens cela influence-t-il votre musique?

 

Lloyd Cole: Je cultive mon appartenance britannique dans mon approche artistique, l'Angleterre et son Histoire du rock m'a toujours influencé mais j'aime vivre et enregistrer aux USA. On est allé en studio à Los Angeles. Je pense que le rock est une forme d'art typiquement américain. J'aime justement y apporter une esthétique britannique, comme l'on fait de très nombreux excellents groupes anglais!

 

Près de 30 ans plus tard, quel regard portez-vous sur votre période de gloire avec "The Commotions" ?

 

Lloyd Cole: Je pense qu'on a fait un super album, et que les deux suivants étaient beaucoup moins bons. J'ai d'excellents souvenirs mais je regrette que l'on n'ait pas pris le temps de s'arrêter et de profiter de ce qui nous arrivait. On était toujours tourmenté par la suite. On a laissé la maison de disque nous faire croire qu'on devait toujours penser à la suite. Que si on laissait passer un peu de temps, les gens nous oublieraient. Avec le recul, je n'en suis pas du tout convaincu! "Rattlesnakes" a été un gros succès partout dans le monde, on aurait pu prendre le temps. Le dernier disque des Commotions sortait en 1989 mais nous étions déjà séparé en '88.

 

Ensuite, vous avec créer un nouveau groupe "The Negatives"...

 

Lloyd Cole: "The negatives" devait être l'exemple inverse de ce qu'était ma vie d'artiste jusque-là. Enregistrer des disques et dans la foulée, partir en tournée. Devoir à chaque fois trouver des musiciens pour nous accompagner. Les auditionner, les intégrer au groupe, c'était vraiment fatiguant. Même si chaque mec est intrinsèquement sympa, si l'alchimie n’est pas absolument parfaite sur scène, la vie de tournée devient vite compliquée. Ici, je voulais monter un groupe pour m'amuser et pendre du plaisir ensemble, point à la ligne.

 

Vous ne preniez pas de plaisir à tourner avec "The Commotions"?

 

Lloyd Cole: Non, absolument pas! Le but à l’époque était de proposer de la bonne musique au public pour qu'il ait envie d'acheter les albums. L'idée de promouvoir l'album que l'on venait de sortir était toujours dominante. Le plaisir était absent, et c'est vraiment dommage! J'ai trouvé ce plaisir avec "The Negatives". On a tourné pendant 4 ans, de façon irrégulière, avec quelques chansons sous le bras, sans jamais se disputer. Vraiment! Juste le plaisir de jouer ensemble et d'apprécier la compagnie de chacun. Au point que j'aurais peur de remonter un jour un vrai groupe de rock, parce que si l'ambiance n'est pas aussi bonne qu'avec "The Negatives", je sais que je serai très frustré! Pour cette tournée, je suis seul sur scène, un peu comme un singer-songwriter.

 

Vous faites partie des pionniers du crowdfunding pour financer votre disque. Une envie ou une nécessité?

 

 

Lloyd Cole: Je ne trouvais plus les sous pour faire les disques que je voulais faire. La réalité économique m'a poussé à y penser. Et comme j’avais déjà un magasin en ligne sur mon site, cela ne me demandait pas trop de travail. Juste être sûr que ceux qui ont contribué à financer l'album le reçoivent bien à la maison, ce qui prend du temps. Mais je suis heureux de cette collaboration directe avec les gens, cela donne aussi une autre dimension à mon travail.

 

Êtes-vous heureux que tout le monde puisse écouter votre disque en streaming pour une somme modique?

 

Lloyd Cole: Je ne sais pas trop. Ces plates-formes rendent aussi service aux artistes dans un certain sens. Mais il faut toujours insister auprès de la jeune génération sur le coût que représente la création. Cet albuma pris à peu près un an de ma vie, un an pendant lequel j'ai dû arrêter mes autres activités qui me rapportent de l'argent. J'en dépense donc sans en gagner pendant un an. Si l'album m'a coûté 60.000 euros au total pour sa réalisation, son coût global doit donc être évaluer à 120.000 euros. A la réflexion, profiter du plaisir d'écouter ce disque gratuitement en connaissant ces chiffres, cela me paraît bizarre.

 

Vous êtes également journaliste musical pour la presse. Une nouvelle carrière?

 

Lloyd Cole: J'ai commencé il y a quelques années juste pour voir si j'avais une quelconque qualité d'écriture. Je continue parce que je pense qu'il est important d'avoir des critiques. On ne peut pas juste se fier au nombre de vues sur Youtube ou de like sur Facebook. J'aime me fier aux critiques de certains journalistes ou simplement de mes amis et participer à ce mouvement, débattre en apportant mon point de vue. Récemment, on m'a demandé d'écrire des chroniques plus décalées comme par exemple un texte sur "Jugez l'évolution de votre carrière en fonction du confort des hôtels dans lesquelles on vous fait descendre!" (rires!) Vous pouvez le trouver sur mon site web. Là je bosse sur un papier concernant le processus de création d'un chanson, c'est amusant!

 

Entretien: François Colinet

Vendredi 8 - Turnhout, De Warande
http://www.warande.be


 

Samedi 9 - Hamont - Achel, Cinema Walburg
http://www.hamont-achel.be/fb111ljwk980kchc1xrob251.aspx


 

Dimanche 10 - Dendermonde, CC Belgica
http://www.ccbelgica.be/


 

Mercredi 13 - Ieper, CC Ieper
http://www.acci.be/


 

Jeudi 14 - Heist-op-den-Berg, Zwanenberg
http://www.zwaneberg.be/


 

Vendredi 15 - Aalst, De Werf
http://www.ccdewerf.be/

Dimanche 17 - Beveren, Ter Vesten
http://tervesten.beveren.be/


 

Mardi 19 - Eeklo, De Herbakker
http://www.eeklo.be/cultuurcentrum/


 

Mercredi 20 - Mechelen, Stadschouwburg
http://www.cultuurcentrummechelen.be/

Vendredi 22 - Roeselare, De Spil
http://www.despil.be

 

 

 

Lloyd Cole - "Standards" (Tapete Records)

La tournée belge, 10 dates en novembre :

Vendredi 8 - Turnhout, De Warande
http://www.warande.be

Samedi 9 - Hamont - Achel, Cinema Walburg
http://www.hamont-achel.be/fb111ljwk980kchc1xrob251.aspx

Dimanche 10 - Dendermonde, CC Belgica
http://www.ccbelgica.be/

Mercredi 13 - Ieper, CC Ieper
http://www.acci.be/

Jeudi 14 - Heist-op-den-Berg, Zwanenberg
http://www.zwaneberg.be/

Vendredi 15 - Aalst, De Werf
http://www.ccdewerf.be/

Dimanche 17 - Beveren, Ter Vesten
http://tervesten.beveren.be/

Mardi 19 - Eeklo, De Herbakker
http://www.eeklo.be/cultuurcentrum/

Mercredi 20 - Mechelen, Stadschouwburg
http://www.cultuurcentrummechelen.be/

Vendredi 22 - Roeselare, De Spil
http://www.despil.be