LG Jazz Collective : La jeunesse et le talent

LG Jazz Collective : La jeunesse et le talent
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LG Jazz Collective : La jeunesse et le talent - © Mael G. Lagadec

Depuis sa création pour le festival Jazz à Liège, le LG Jazz Collective a bien grandi. Un prix "Jeunes Talents" au Festival Leffe Jazz Nights à Dinant en 2012. Un premier disque New Feel qui obtient l’Octave de la Musique en 2015. Voici le deuxième opus du collectif, un septet composé de Guillaume Vierset, guitariste-compositeur, d’Antoine Pierre à la batterie, Félix Zurstrassen à la basse, Steven Delannoye au sax-ténor, Jean-Paul Estiévenart à la trompette et de deux nouvelles recrues, Alex Koo au piano et Rob Banken au sax-alto. La sortie de Strange Deal est l’occasion de rencontrer Guillaume Vierset et de le laisser s’exprimer sur ses compagnons de route, sa nouvelle guitare, le nouvel enregistrement et son écriture.

La jeune génération

Jean-Paul (Estiévenart), Félix (Zurstrassen), Antoine (Pierre), Igor (Géhénot),... Nous sommes très proches, nous écoutons la même musique... De plus, Félix, Antoine et moi avons habité ensemble pendant plus de deux ans, avec aussi David Thomaere. Les sessions de travail se faisaient chez nous, on expérimentait ensemble, on était souvent sur la même longueur d’onde. On allait en jam ensemble, finalement, on s’est enrichis les uns les autres.

Liège

Si le LG Jazz Collective est né, c’est grâce à la ville de Liège. Le Festival de Jazz de Liège m’avait demandé de former un répertoire basé sur les compositeurs liégeois. J’ai donc choisi des compositions de Bobby Jaspar, René Thomas, Jacques Pirotton... mais aussi d’André Grétry ! Nous avons joué ce répertoire lors du festival en 2012. De là est née l’idée d’enregistrer un album sur lequel j’ai repris des compositeurs plus récents comme Éric Legnini, Nathalie Loriers, Alain Pierre qui a été mon professeur à Huy. De plus, bien que je n’aie habité à Liège que moins d’un an, c’est là que j’ai commencé à aller jammer, à découvrir plein de musiciens, j’animais des jams chaque semaine, avec Antoine et Félix déjà. Il y avait aussi le mémorable repas choucroute de la Maison du Jazz et le premier festival où j’ai été programmé, c’était au Broukay. J’ai aussi été résident au Pelzer’s Jazz Club où on jouait tous les samedis avec le Metropolitan Quartet. Même si je n’y suis resté qu’un an, ce fut très riche comme expérience. Puis il y a tous les musiciens Liégeois : un de mes guitaristes préférés est Quentin Liégeois, au niveau de la tradition jazz, personne ne joue comme lui. Conserver LG pour Liège dans le nom du groupe me paraissait donc important, tout comme le mot "collective" car ce n’est pas le groupe d’un guitariste, c’est un groupe où tout le monde partage les solos.

L'écriture

Quand j’écris, j’essaie toujours qu’il y ait une histoire du début à la fin, la pop me nourrit de ce point de vue, j’ai envie que ça attire l’oreille, chaque titre a une histoire. Je privilégie tou- jours la mélodie et j’essaie d’avoir dans ma tête une structure assez claire : des accords sur les- quels je vais chanter une mélodie ; quand j’ai trouvé quelque chose, ça peut être très court, huit mesures par exemple, j’utilise alors des harmonies pour travailler sur des textures plus complexes. Je développe ensuite en gardant toujours la mélodie que j’ai trouvée de manière très simple ; c’est la manière dont elle va se pla- cer dans les accords qui va faire qu’elle aura un statut différent. Sur des accords très simples, la mélodie peut sonner très plate, avec d’autres accords, ça prend une autre ampleur. Nick Drake et Neil Young m’influencent aussi parce que j’aime leur côté nostalgique et plein d’émo- tion. Quand je ne compose pas comme une chanson, je vais utiliser des systèmes, pour chercher de nouvelles sonorités, je renverse la mélodie, j’en fais un miroir... Pour l’album, je n’ai pas travaillé ainsi : j’ai d’abord cherché une mélodie avant de travailler les systèmes, comme Coltrane quand il dit qu’il va faire un morceau avec les douze demi-tons ou la mu- sique sérielle et la musique contemporaine.

Strange Deal

Le titre de l’album possède une double lecture : d’abord, les initiales SD pour Steven Delannoye. J’ai repris un de ses solos du premier disque sur Grace Moment que je trouvais superbe et je l’ai réarrangé. Ensuite, Strange Deal signifie " marché étrange ", car sortir un deuxième disque en septet à l’heure actuelle, c’est un pari. En trio, tu seras engagé, en septet c’est plus difficile, le marché actuel en Belgique est difficile. J’ai beaucoup hésité à repartir sur la même formule et le disque a pris du temps à se préparer. En Belgique, on ne te programme plus lorsque tu as joué quatre mois avant dans la même ville et faire tourner sept musiciens qui ont par ailleurs d’autres formations, c’est un vrai pari. Je remercie d’ailleurs Igloo qui nous soutient pour un second disque. Plusieurs titres de l’album ont une histoire : JP’s Mood, c’est à la fois pour Jean-Paul Estiévenart, mais aussi pour Jacques Pelzer ; Goldo, un photographe liégeois incontournable ; Maëlle pour la naissance de la fille de Félix Zurstrassen...

La Gibson 335

Cette Gibson 335, ça ne fait pas si longtemps que je l’ai. Je jouais auparavant sur la même mais un modèle de 1992 que j’avais acheté à Namur pour pas grand-chose. J’ai fait le premier disque du LG avec cette guitare. J’ai toujours eu envie d’avoir une vieille Gibson qui a un son propre. Et puis, il y a aussi quelque chose dans la fabrication, le vernis, une guitare qui a une âme. J’avais déjà cherché sur les sites mais c’était vraiment très cher, je me suis donc enlevé de la tête cet achat. Puis, un jour à l’académie où je donnais cours, ma guitare est tombée de la chaise et elle s’est brisée, littéralement en deux. En rentrant, je me suis mis tout de suite à chercher sur les sites de seconde main à la recherche d’une Gibson 335 et je suis tombé exactement sur la guitare que j’avais vue deux ans avant et qui n’avait jamais été vendue parce qu’elle était trop chère. Elle était sur le site depuis deux heures. Je suis allé l’essayer tout de suite et je l’ai prise : c’est une guitare de la fin des années 60 qui appartenait à un vieux bluesman de l’Alabama. On voit que c’était la guitare d’un bluesman parce qu’il n’y a plus de vernis sur le manche vu qu’il jouait beaucoup avec le pouce, une guitare qui a une histoire et une âme.

En pratique

Le groupe sera en concert le 17 mars au Jazz9 à Mazy, Namur et le 4 avril à Jacques Pelzer, à Liège 

La page facebook du groupe 

Larsen est le magazine de l'actualité musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles. Edité par le Conseil de la Musique, il touche à tous les styles, du classique au contemporain en passant par le jazz, l’électro, le rock ou la chanson.

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