Les Trans Musicales de Rennes aux 40e rugissants

Côté Français, la lumière se fera sur l'énergique Aloïse Sauvage à qui l'organisation a confié la création annuelle
Côté Français, la lumière se fera sur l'énergique Aloïse Sauvage à qui l'organisation a confié la création annuelle - © XAVIER LEOTY / AFP

Voilà quatre décennies que les Trans Musicales révèlent les artistes de demain et ce n'est pas fini : mercredi s'ouvre la 40e édition du Festival Rennais où, au croisement des esthétiques en tous genre, les musiques africaines modernes seront en force.

Le compte rond n'y fait rien, et à l'heure de célébrer les 40 ans de cet important et incontournable événement (1ère édition en juin 1979), il en est toujours de même : Jean-Louis Brossard et Béatrice Macé, cofondateurs et codirecteurs des Trans, préféreront toujours regarder devant eux que dans le rétroviseur. C'est ainsi qu'on entretient le désir, qu'on transmet une émotion. Celle de la toute première fois, qu'a probablement ressentie l'intarissable Jean-Louis Brossard en découvrant ses perles et que va ressentir à son tour le public jusqu'à dimanche soir.

Comme d'habitude, il y en aura pour tous les goûts, avec 89 groupes et 3 compagnies de danse issus de 34 pays différents. Un tiers du plateau sera africain, preuve que ce continent regorge plus que jamais de découvertes aux yeux de Jean-Louis Brossard, depuis longtemps persuadé que ses sonorités, ses rythmes, ses voix en font la "mère des musiques".

Parmi ces artistes, figure la rappeuse et percussionniste kenyane Muthoni Drummer Queen, avec son hip hop qu'elle est allée teinter d'électro en Suisse auprès de deux producteurs GR! et Hook.

Autre chanteuse africaine à guetter : l'Angolaise Pongo, qui a fui la guerre civile avec sa famille à l'âge de huit ans, a grandi à Lisbonne et viendra faire découvrir le kuduro, un genre qui mélange musique électro, break dance et danse semba.

La guinche devrait être également au rendez-vous avec K.O.G & The Zongo Brigade, soit un chanteur-percussionniste ghanéen et huit musiciens britanniques autour d'un afro-rock qui groove.

Des cornes sur les cymbales

L'Afrique, qui s'exporte décidément bien, sera aussi présente chez des artistes d'autres continents comme l'Asie, avec Ajate qui regroupe dix musiciens japonais fous d'afrobeat. Une passion partagée par les New Yorkais d'Underground System, qui y ajoutent dance-punk, pop et new wave et sont précédés d'une réputation très flatteuse.

Amérique toujours, celle éternelle du blues et de destins comme elle seule sait en tracer la voie, avec Robert Finley, 65 ans, ancien militaire, charpentier et musicien de rue, devenu aveugle, qui a sorti son premier album en 2016 et un suivant l'an passé.

La "great black music" sera également à l'honneur avec le Chicagoan Ben Lamar Gay, avant-gardiste jazz passé par le Brésil qui se promène sur le terrain tout aussi vallonné du hip hop et de l'électro.

Aux antipodes, The Naghash Ensemble proposera un voyage dans le temps, au XVe siècle et en Arménie précisément. Cet orchestre, composé de trois chanteuses lyriques, mettra en musique des poèmes d'un moine arménien. "Un choc", pour Jean-Louis Brossard. Autre choc, celui frontal que s'inflige à chaque concert l'Espagnol Vurro, qui joue du piano en même temps qu'il assure des percussions avec les cornes d'un crâne de taureau posé sur sa tête.

Côté Français, la lumière se fera sur l'énergique Aloïse Sauvage à qui l'organisation a confié la création annuelle. Transversalité devrait en être le leitmotiv avec cette artiste aux aptitudes multiples, multi-instrumentiste (flûte traversière, batterie et saxophone), slammeuse, rappeuse, danseuse.

Le Bordelais Dombrance offrira lui aussi son propre concept avec son projet électro où chaque titre est inspiré par une personnalité politique (Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin...), tandis que le tandem rennais Atoem pourrait rallier les suffrages avec leur mariage des guitares et des synthés modulaires pour une musique inspirée par Brian Eno et Pink Floyd. Nouveaux venus d'une galaxie Trans qui devrait comme les années précédentes fédérer quelque 60.000 festivaliers.