Les personnes handicapées, les grands oubliés de l’industrie musicale

Le handicap reste un sujet tabou dans l’industrie musicale. C’est la triste constatation d’une nouvelle étude britannique financée par le Arts Council England.

Cette étude s’appuie sur les témoignages de plusieurs centaines d’artistes et autres professionnels de l’industrie de la musique. Plus de 70% d’entre eux affirment souffrir d’un handicap (moteurs, psychiques, sensoriels ou cognitifs) ou d’une maladie invalidante "invisible" à l’œil nu. Si cette appellation recouvre des réalités très diverses, la plupart des personnes concernées divulguent "parfois" ou "jamais" leur état de santé à leurs collègues.

Si deux tiers des répondants de l’étude estiment que cette information n’est pas pertinente dans un contexte professionnel, beaucoup craignent de paraître moins compétents ou d’être victimes de discriminations. Plus inquiétant encore : une personne interrogée sur quatre s’inquiète de rater des opportunités professionnelles en raison de son handicap.

Certains employeurs ont essayé de faire les aménagements dont j’avais besoin. Un employeur m’a dit que ce n’était pas son travail. Un autre m’a dit que je mentais et que je voulais obtenir une [pension] d’invalidité.

 

 

Se sentir comme un fardeau

L’étude révèle également que les professionnels avec un handicap invisible mettent leur santé en danger en n’abordant pas leurs problèmes de santé sur leur lieu de travail. Trois quarts des personnes interrogées en font l’amère expérience.

La grande majorité des répondants se rejoignent sur la nécessité de mettre plus en avant les personnes en situation de handicap dans la musique. Un précédent rapport de l’Arts Council England, datant de 2018, avait déjà alerté sur leur sous-représentation dans tous les domaines de l’industrie. À l’époque, il avait constaté que seul 1,8% des professionnels du secteur souffraient d’un handicap.